Belzebong – The End is High

Label : Heavy Psych Sounds Records (2026)
Chroniqué par shinkibo

Voilà 15 ans que Belzebong sillonne les terres enfumées de la scène stoner doom. Depuis la sortie de Sonic Scapes & Weedy Grooves en 2011, ode à la lenteur malfaisante et aux psychotropes (Belze..bong.. On ne fera ni dessin ni démonstration), les Polonais prêchent à grands coups de riffs hypnotiques et d’effets psychédéliques enveloppés pour piéger ses auditeurs dans un brouillard permanent de couleur verte. Peu de finesse dans tout cela, mais Belzebong est petit à petit devenu une référence dans le style des groupes en bong et en wizard notamment grâce à la qualité de ses riffs et à son usage malin de samples tirés de films obscurs (désolé les cinéphiles).  

Deux questions se posent alors… Pourquoi cette présentation d’un groupe pourtant bien connu des amateurs de musiques qui vibrent ? Eh bien, bizarrement, car c’est le premier album du groupe chroniqué ici. Cela méritait tout de même une introduction à minima pour les non-connaisseurs débarquant dans cette zone à haute saturation. Ensuite, quelle serait la bande son de la fin du monde ? Eh bien Belzebong se propose de répondre à cette question d’actualité avec The End is High. Sans musiques de films mélodramépiques montrant la planète s’effondrer ou un héros venant sauver la partie… Mais plutôt avec le calumet du stoner ! 

“Bong & Chain” introduit ce The End is High de la meilleure façon possible avec une ambiance rythmique oppressante et une guitare tout aussi menaçante. Les riffs deviennent vite addictifs, jusqu’à être fredonnés bien des heures après l’écoute, et tout cet ensemble démoniaque bouillonne, mijote patiemment avant d’exploser sous  les effets psychédéliques des guitares. Enfin bref, un morceau qui définit parfaitement le son de Belzebong ! 

La suite est tout aussi croustillante. « 420 Horsemen” se démarque par son aspect plus énervé, donnant l’image d’une cavalcade vers la fin du monde mais toujours avec ces effets de guitare ajoutant une atmosphère hallucinatoire à la scène. “Hempnotized” nous remet la tête sous l’eau par sa lourdeur étouffante et s’offre un break qui, ou alors nous hallucinons encore, semble faire écho au morceau de musique classique « Night on Bald Mountain » (un classique pour les fans de Fantasia ! A peine croyable… nan, ça doit être une illusion). L’album se termine par le plus convenu, quoique plus aéré notamment dans les guitares, “Reefer Mortis”. 

The End is High navigue entre des lignes de basse au groove massif, en binôme avec la batterie toujours aussi carréee et une avalanche de riffs malicieux, lourds et d’effets de guitares toujours aussi efficaces mais un brin classiques par endroits… C’est peut-être là le souci de luxe de cet album, c’est qu’il peine à se démarquer de ces prédécesseurs. Après plusieurs écoutes, certains morceaux ne laissent pas de souvenirs mémorables alors que tous les voyants sont au vert pour nous envoyer dans un enfer de saturation. Difficile d’en tenir rigueur au groupe, après tout on ne va pas leur reprocher d’avoir réalisé des bombes sonores comme “Bong Thrower”, “Acid Funeral” ou autre “Diabolical Dopenosis”… Une petite sortie de piste aurait cependant pu amener un peu de fraicheur et donner une âme propre au groupe, d’autant plus que nous les avions vus sous un jour plus doom, avec un son plus brut, lors de leur venue au Deserfest Berlin de 2025.  

Quoiqu’il en soit, The End is High reste une bande son plus que valide pour subir la fin des temps. Sans réinventer la roue, Belzebong fait tout de même son office en nous écrasant de sa masse démoniaque et ralliera sans en douter de nouveaux adeptes qui viendront rejoindre la horde cachée dans les nappes de brumes.  

 


 

 



Note de Desert-Rock :
   (7/10)

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