
Dans la série “la scène stoner italienne est pleine de talents”, on vous emmène aujourd’hui sur les traces de Desert Collider ! Signé chez Small Stone Records, label regroupant aussi un vaste lot de groupes talentueux, les Italiens débarque avec un premier album intitulé Generation Ship: Endless Drift Through Infinity. Un nom compliqué, mais qui indique la couleur et pose une certaine ambiance lorsqu’on le couple avec ce bel artwork dunesque.
Desert Collider semble ambitieux avec ce premier album de 8 titres pour 1 heure de trip et pourtant les doutes vont vites s’évanouir dans la fureur stoner des italiens. Dès les premiers moments d’écoutes, on se retrouve avec ce “Orphan of the Sky Part I : Generation Ship” qui prend tout son temps pour mettre en place ces mélodies et son atmosphère. Et là où on s’attend à un enchainement pétaradant, “Floating Space Hand” nous prend à revers et prend le temps de faire monter la sauce avant de lâcher les chevaux ! On comprend alors que Desert Collider n’est pas le jeune groupe que l’on imaginait encore en quête d’identité, mais qu’ils ont au contraire mûrement préparé leur coup et s’apprêtent à faire le hold up de l’anéne !
Et alors musicalement ?! Du stoner ! brut, irradiant, aux riffs de coyotes affamés comme ceux de “Sonic Carver”, “ThumpeRRR” ou de “Nebuchadnezzar”. Voilà une bande son idéale pour vos prochaines courses poursuites ! Derrière, la basse balance des rythmes tout aussi électrique et les tambours semblent souffrir le martyr. Evidemment, on pense rapidement Kyuss ou Sasquatch mais il y a aussi cette épaisseur de son, notamment sur la basse, qui ramène aussi à un Black Rainbows… Les compliments sont déjà là, mais ce n’est pas finis.
Si Generation Ship: Endless Drift Through Infinity se découvre par sa puissance, c’est par sa nuance qu’il conquiert nos cœurs. Face aux vagues stoner vient régulièrement souffler un groove planant qui vient calmer nos émotions. Comme sur le break de “Sonic Carver” où l’on se sent s’envoler petit à petit vers un cocon moelleux et protecteur. Cette sensation vient se décupler sur le trip acoustique qu’est “Nomads Of The Red Sun” qui vient en plus se caler à mi album et faire respirer cet album qui est tout de même assez dense ! Les références semblent là aussi évidentes avec des sons rappelant par moment Lowrider, mais la musique des Italiens renvoie à des références plus latines que ce soit Kayleth sur l’usage de synthés et d’artéfacts psychés ou Demonauta pour la chaleur là aussi psychédélique que peut dégager un “Orphans of the Sky Part II: Disembark “
Mais Desert Collider a encore une munition dans sa poche et pas n’importe laquelle… avec “Far Centaurus Drifting Without Guidance Through Interstellar Space” le groove planant se transforme en errance cosmique et nous laisse en contemplation devant l’infini inconnu ! Délicieusement lent et psychédéliques, le morceau se mue petit à petit en une forme puissante qui prend de la vitesse puis ralenti de nouveau … avant … de … passer dans un espace-temps aux guitares floydiennes toujours aussi lent mais alourdi et jubilatoire. Quel plaisir !
Brûlant sans être étouffant ou devenir trop dense, aérien sans se perdre dans un hypnotisme qui peut vite laisser froid, Generation Ship: Endless Drift Through Infinity est un album qui se balance parfaitement entre fougue et déambulation astrale. Preuve utlime, le chant caméléon qui vient habilement se combiner à chaque ambiance déployée pour être tantôt rocailleux et sec, tantôt plus flottant et envoûtant.. Desert Collider séduit avec ce premier album, invoquant efficacement les piliers du stoner pour en faire quelque chose de frais et d’hyper efficace. Nous suivrons volontiers la suite de leur voyage, pour peur qu’ils nous envoient un carton d’invitation. On espère aussi pouvoir rapidement les voir foulées les salles européennes, et française bien évidemment…!
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