Djiin – Mirrors

Label : Klonosphere Records (2024)
Chroniqué par Laurent

Il aura fallu à peine plus de deux ans à Djiin pour nous proposer son troisième album, successeur de Meandering Soul. Le quatuor breton aura mis à profit ces quelques mois pour peaufiner son style, densifiant notamment son expérience scénique en jouant sur un maximum de scènes. C’est donc un groupe plus mature, plus sûr qui se présente sur ce Mirrors (qui sort chez Klonosphere), un album exigeant qui nous aura un peu désarçonné.

Stylistiquement, avec 5 titres pour presque 45 minutes de disque, on s’imagine bien que ça ne va pas verser vers le punk rock. Le disque nous prend la main et nous amène au contraire dans un monde où les compos sont élaborées, sinueuses, denses… Il y a beaucoup de choses dans ce disque, et les atours prog rock y sont plus développés que sur ses prédécesseurs. Les amateurs de structures simples, couplet-refrain / couplet-refrain ne s’y retrouveront pas.

Même ses morceaux les plus directs comme « Fish », s’ils développent néanmoins un bon gros riff, emmènent l’auditeur sur une bonne moitié du morceau dans des sphères plus aériennes, pleines de jolis arpèges légers, avant de conclure via un retour de son riff péchu. Même schéma pour « Mirrors », qui en outre développe encore plus ses aspects prog rock, chargé d’harmonies arpèges/chant et de rythmes de batterie décalés, avec aussi une deuxième moitié de morceau tortueuse, parfois aux échos jazz contemporain, avant un retour sur son riff initial. Pfiou…

« In the Aura of my own Sadness” amène ces aspects prog rock dans leurs retranchements, avec des harmonies chant-guitare parfaitement maîtrisés, mais effectivement assez (d)étonnantes ; les sourcils se lèvent souvent sur ces sonorités atypiques, mais l’exécution est encore une fois sans faille. L’occasion de louer le talent de ce quatuor de musiciens doués, tous dans leur discipline, avec une base rythmique redoutable, et des mélodies pilotées aléatoirement par le chant, la guitare, la harpe ou la basse – parfois en simultané ! « Blind » plus loin propose une sorte de parenthèse dark, avec ses mélodies dépressives menant à un break mêlant chant torturé et leads de guitare dissonants, pour aboutir à un final bourré d’énergie rock, mené tambour battant (c’est le cas de le dire). Enfin, un gros morceau – littéralement – vient clôturer la galette, avec ce « Iron Monsters » de 13 minutes, complexe, déchiré de multiples breaks, et son final puissant très réussi.

Vous l’aurez compris, les amateurs de musique d’ambiance à écouter distraitement ne seront pas la clientèle première de ce disque. Sur Mirrors, Djiin pousse fort les curseurs pour poser sur vinyle ce qui se rapproche le plus de son énergie scénique, quelque chose de nerveux, jamais ennuyeux, qui prend le spectateur par surprise plus qu’à son tour – et à rebrousse poil, souvent. Le quatuor ne s’embarrasse pas de dogmes formels, et va un peu partout où il lui chante : psych rock, gros rock qui tâche, prog rock, jazz, blues… Un disque qu’on recommandera à des auditeurs avertis, et la promesse de prestations live probablement toujours plus fiévreuses.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (7.5/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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