Dopethrone – Hochelaga

Label : Totem Cat Records (2015)
Chroniqué par Iro22

Hochelaga

S’il est né dans la poisse des marécages de la Nouvelle Orléans, le sludge est un virus qui a aujourd’hui infecté tous les foyers bactériologiques propices à sa prolifération. Et pour le coup, Hochelaga – quartier ouvrier de Montréal tenant son nom d’une tribu iroquoise – est un terrain infectieux parfait. C’est dans cette zone résidentielle, loin d’être la plus attractive de la capitale francophone américaine, que sont depuis toujours établi les trois Canadiens de Dopethrone. Leur doom/sludge aussi crasse que classe en a fait, depuis leurs débuts en 2008 (mais aussi et surtout depuis leur apparition au Roadburn et leurs incessantes tournées européennes ces dernières années) un groupe établi de la scène.

Si leur nom tient en vérité plus de Darkthrone que d’Electric Wizard, leur son creuse quant à lui l’idée d’un doom narcotique aux inflexions vocales suant le sludge bas du front, avec l’indéniable avantage de composer des titres souvent efficaces voire carrément inoubliables. J’en veux pour preuve leur reprise de « Ain’t No Sunshine », contre-emploi impeccable pour un titre digne de siéger aux côtés du « Give Me Back My Bullets » de Weedeater au rayon des reprises qui tâchent. Quatrième production du trio, Hochelaga s’inscrit dans la droite lignée des précédents. Dégoulinant en première intention de petites perles sludge à l’efficacité redoutable, l’album dévoile un torrent de subtilité dans sa seconde moitié. Les ingrédients demeurent inchangés : références sonores à la contre culture la plus morbide des US, science du riffing et apologie du sale, les Montréalais n’ont pas changé leur recette d’un iota.

Reste que ce quatrième effort diffuse subtilement sa puissance, s’offre quelques aérations au détour d’un break et imprime son empreinte dans l’esprit, fusse t’elle celle d’une semelle pleine de boue. Au rayon incontestables hits, « Sludgekicker » et « Scum Fuck Blues » ne devraient pas sortir des set lists du combo avant un bon bout de temps, mais il serait dommage de passer à coté de la véritable réussite du disque, « Dry Hitter », qui outre le fait d’être d’une puissance émotionnelle rare, annonce sans claironner une passe de trois titres de plus de 6 minutes à l’approche plus subtile que le début de l’opus. Ainsi Dopethrone fait étal de son savoir faire en mid tempos aux structures changeantes, au point que l’on serait tenté d’accoler le terme psychédélique à leur musique, quoi qu’il pourrait être ici perçu par le trio comme une insulte. Néanmoins la passe de quatre est brillamment passée pour nos trois canadiens, qui publient peut-être là leur album le plus abouti et sans conteste l’un des plus notable de ce premier tiers de l’année 2015.

 

Le point vinyle :

On peut compter sur Totem Cat, tenu par un fondu de vinyle, pour faire les choses correctement. Hochelaga est donc publié en version jaune marbrée noire ainsi qu’en version classique. Chacun de ces pressages a été fait à 250 exemplaires et est bien évidemment sold out. Un second pressage noir sera disponible sur la tournée du groupe ; d’autres surprises peuvent venir s’ajouter à cela par la suite.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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