Dot Legacy – To The Others

Label : Setalight Records (2016)
Chroniqué par Laurent

TO THE OTHERS - COVER

Après sept ans de carrière, un premier album aussi lunaire qu’ébouriffant (sorti il y a un peu plus de deux ans) et des prestations scéniques sur-amphétaminées aux quatre coins du continent et ailleurs (en solo ou en premières parties prestigieuses), on est plutôt enthousiastes de retrouver notre quatuor OVNI parigot. Inquiets aussi : qu’est-ce qu’ils vont encore nous sortir ? Vont-ils rentrer dans le droit chemin et nous pondre un album plus accessible, plus « direct » que son prédécesseur halluciné et hallucinant ?

Et bien non… mais on les aime quand même ! On les aime avant tout parce qu’ils sont fidèles à eux-mêmes et intègres, mais aussi parce qu’ils ne prennent pas leurs auditeurs pour des lanternes. Ce que propose Dot Legacy est toujours aussi barré, mais jamais gratuit ni stérile. Leur musique en appelle à l’intelligence de l’auditeur, mais n’oublie jamais de flatter ses sens reptiliens ; l’intuitif et le primitif comme courroie de transmission d’un cortex cérébral poussé dans ses retranchements. Pour autant, attention, pas de méprise : ce n’est pas parce que les musicos sont intelligents et doués qu’ils pondent du jus de cervelle étriqué et imperméable. Les gars sont dans le plaisir, pas la prise de tête. Leur principal outil dans cette démarche de destructuration massive tient dans leur travail de composition. Et du coup, côté compos, il y en a pour tout le monde : certains titres sont redoutablement efficaces dès les premières écoutes, à l’image du furieux « 211 » (sorte de glaviot fuzzé aux sonorités Truckfighters survolté) qui annonce des moments de joie dans le pit, ou encore le très marquant « Story of Fame » qui traîne ses riffs tour à tour sablonneux et fuzzés en enrobage de plans mélodiques quasi pop. En revanche, il faudra quelques écoutes complémentaires pour commencer à s’imprégner des autres petites perles que sont les infectieux « Pioneer », « Dakota » ou encore « Horizon »… et encore ! Pour tout dire, on a l’impression à chaque écoute de n’avoir jamais fait complètement le tour : des sons différents, des plans inédits, des propositions surprenantes apparaissent petit à petit, toujours bien vues, comme des petites évidences. Chœurs, effets sur la voix, piano (« Pioneer »), sons de gratte travaillés, licks de guitare atypiques, arpèges venus de nulle part (« 5314 »), vocaux presque rappés (tendance Beastie Boys sur « 5314 » ou « Horizon ») ou scandés (mode « tribal » sur « 5314 » encore), etc, etc, etc… Avec des titres oscillant en moyenne entre 4 et 5 minutes, le groupe ne tombe toutefois jamais dans le confortable piège des titres prog-péteux à rallonge. Bref, la juste dose de barré, sans verser dans la prise de tête. Notons aussi que chaque titre se distingue clairement de ses congénères, si bien que les huit morceaux de l’album couvrent un vaste spectre musical sans que jamais l’on ne puisse identifier la moindre répétition.

Complètement impossible à décrire dans un semblant de synthèse, To The Others développe tellement de sonorités, tant de genres musicaux, que la première approche peut en être perturbante. Pour autant, sa richesse se dévoile un peu plus à chaque écoute, et l’auditeur curieux se trouvera vite conquis par la passion et le talent de nos quatre déglingos. Mieux travaillé encore que leur premier album To The Others annonce aussi des prestations live de haute volée, le véritable terrain de jeu de Dot Legacy.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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