El Caco – 7

Label : Indie Recordings (2016)
Chroniqué par Chris

el.caco.7

Durant la déferlante scandinave du début des années deux-mille, El Caco avait constitué, avec entre autres ses compatriotes de Honcho, la réponse norvégienne à la suprématie suédoise sur le stoner européen. En 2001, le trio commit un incroyable album : « Viva ». Cette production de grande classe tourna régulièrement sur ma platine durant quelques années et ce disque figura longtemps dans mon top ten des meilleures productions de stoner de tous les temps. Vous dire l’affection que j’ai eu pour ces Norvégiens ; celle-ci se limita malheureusement à cette première production en particulier car s’en suivit « Solid Rest » qui n’atteint pas le niveau attendu après un premier album bluffant puis « The Search » qui se cherchait vraiment au milieu de la décennie. Ce troisième album me vit abandonner tout espoir de me retaper un jour une bonne plaque de ces types.

Je fis l’impasse sur les trois plaques qui suivirent et, lorsqu’un de mes complices m’adressa un message du style : « Tu prends le prochain El Caco ? », j’allais lui signifier mon manque d’intérêt pour ce groupe s’étant égaré depuis un certain temps dans des méandres metal hype auxquels je ne goûtais pas vraiment, y compris en ce qui concerne certains gimmicks exaspérants en vogue sur les grosses productions germaniques. Cette formation était devenue, à mes yeux, peu digne d’intérêt comme Sparzanza, par exemple, qui emprunta un chemin similaire. Nonobstant, j’ai surfé un poil sur la toile et ai jeté une oreille, septique, sur le premier single issu de ce « 7 » : « Ambivalent » qui fit office d’antiseptique. Ce premier extrait m’a rapidement convaincu d’aller plus loin dans la découverte du septième opus d’El Caco car c’est une belle réussite au rayon stoner traditionnel : une basse trépidante, un riff overdrivé efficace et un refrain catchy ; que demande le bon peuple ?

A côté de ce brulot pas novateur, mais terriblement efficace, se côtoient des compos du même tonneau : faciles c’accès et foutrement bien produites dont « Those Possessed » et surtout « Curious Single » qui lorgne vers le Mastodon des débuts par ses plans hyper carrés. J’ai, par contre, fait l’impasse sur deux bizarreries proches du filler : « Reach Out » ainsi que « In Limbo » qui devraient plaire à vos potes pas férus de stoner. Cette galette qui tape dans le stoner très traditionnel ranime incontestablement la flamme El Caco et sa filiation avec le style que nous chérissons.

Bénéficiant d’une production des plus soignées, cette sortie digne d’intérêt évite le piège de la redondance en s’ouvrant à des sous-genres des plus intéressants et, outre le premier extrait pêchu en diable, deux titres à part sortent carrément du lot. Tout d’abords « The Silver Light », une tentative punk’n’roll qui réussi le parfait mix de la légèreté des Hellacopters et de la rythmique plus couillue de leurs compatriotes de Dozer. Le deuxième, qui n’a rien à voir avec l’entier de cet objet, c’est « In Space All Huge Beasts Just See » : un instrumental de trois minutes trente au tempo martial et très ralenti sur lequel on frôle le génie à grands renforts de reverb. « 7 » ne sera peut-être pas le disque de la décennie, mais il s’agit incontestablement d’une sortie d’excellente facture.

Note des visiteurs :
   (0/10 – 0 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook