Electric Wizard – Wizard Bloody Wizard

Label : Spinefarm Records (2017)
Chroniqué par Iro22

Près de 25 ans après leurs premiers pas, Electric Wizard reste l’un des groupes de doom les plus importants du genre. Lugubre comme une nuit sans lune, évanescent comme une quelconque malsaine fumée, la musique du sorcier convoque le diable et les paradis artificiels dans un torrent électrique. Auteur d’une première partie de carrière exemplaire, puis d’un retour fracassant (Witchcult Today), Oborn et ses comparses ne font que décliner depuis lors, sortant coup sur coup deux albums finalement peu marquants (Black Masses/2010 et surtout Time To Die/2014).
A l’heure où Electric Wizard annonce posséder son propre studio et vouloir accélérer la cadence des publications (un nouvel EP est déjà en préparation), la publication de leur neuvième album Wizard Bloody Wizard inquiète. Hommage à Sabbath dans le titre (ils ont équipé récemment leur studio d’une console utilisé par les maîtres pour l’enregistrement de Master Of Reality), pochette immonde et production éclaircie : Electric Wizard nous aurait-il donné une nouvelle raison de nous énerver ?

Ce qui en premier fera parler est bien sûr la production, plus claire, plus acid rock, changeant en profondeur l’identité sonore du Wizard. Prise de risque à saluer pour certains, trahison pour d’autres, cette dernière sert avant tout de révélateur de la qualité des compositions. En effet l’histoire du doom s’est faite sur le rendu sonore de compositions, pouvant masquer un jeu approximatif ou un riff sans grande originalité par la grâce d’une implacable couche de boue, puissante embellie de distorsion, transformant n’importe quelle brique, même de basse extraction, en mur du son. Wizard se présente donc mis à nu devant son auditoire et la pauvreté de certaines idées saute alors au visage. Pour un bon titre (« Necromania » qui ne dépareillerait pas sur un album d’Uncle Acid & The Deadbeats),  combien de mauvais moments ? De « See You In Hell » (en ouverture ET fermeture d’album) et son riff mollasson, au soporifique « The Reaper », les riffs sont éculés, la voix d’Oborn plus qu’irritante. Et là point de Mark Greening pour rehausser la mixture à grands coups de patterns de génie. Simon Poole fait ce qu’il peut, tout comme Burgess (basse/Satan’s Satyrs) mais rien ni personne ne peut sauver « Hear The Siren Scream » et « Wicked Caresses », dont la faiblesse a de quoi rendre agressif le plus défoncé des auditeurs du Wizard.

Sans saveur, pas tant à cause de son virage musical mais par la médiocrité que ce traitement acid rock révèle, Wizard Bloody Wizard est finalement à l’image de sa détestable pochette : cliché et peu inspiré. Time To Die qu’ils disaient en 2014 ? Et pourquoi attendre ?

 

 

Point Vinyle:

En quittant Rise Above, Oborn s’était fait un malin plaisir de fustiger les nombreuses versions couleurs et collector que fabriquaient le label. Spinefarm l’a joué sobre mais de qualité, avec 3 versions (clear, red et black) toutes en gatefold, incluant un poster et une carte de téléchargement. Un objet plus joli à collectionner qu’à écouter en somme.



Note de Desert-Rock :
   (4/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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