Goya – In the Dawn of November

Label : Blues Funeral Recordings (2025)
Chroniqué par Laurent

Après quatre albums discrets, parus sur des labels différents, et plus de 8 ans après leur précédent méfait (le très bon Harvester of Bongloads) on pensait la cause entendue, et le groupe disparu pour de bon, au cimetière des doomsters underground qui n’ont jamais eu l’opportunité de « percer ». Ce In the Dawn of November, qui sort très opportunément… en juin (ah, ces champions du marketing) arrive donc par surprise, et l’on se prend à espérer qu’il puisse être l’album de la révélation…

Les premières écoutes viennent nous rappeler quel groupe solide est à la manœuvre : le trio américain se complait dans un stoner doom rugueux, dans une veine massive, mais avec une mise en son assez propre (tout est relatif). On reste toutefois assez proches d’influences metal/stoner metal, comme souvent avec les groupes de cette tendance en provenance des USA : les rythmiques ont beau être pesantes et bien appuyées, on reste sur du mid-tempo assez ralenti, et on ne verse jamais dans la lenteur absolue. L’apport mélodique se veut donc crucial dans l’équilibre du groupe, et c’est bien ce trait distinctif qui, mêlé à la puissance de riffs très lourds, vient décupler l’intérêt qu’il génère.

Les six compos proposées sont assez variées pour ne jamais susciter l’ennui ou le sentiment de répétition et, fait appréciable, le groupe, s’il maîtrise les règles d’or du doom, ne s’en retrouve jamais prisonnier : voir par exemple comme il peut développer le crépusculaire « I Wanna be Dead » et son riff lancinant sur plus de douze minutes (un refrain stoner doom d’école) sans jamais tourner en rond, ou bien d’un autre côté emballer un « Sick of your Shit » au moins aussi accrocheur en moins de cinq minutes – parce que tout est dit, et que « faire durer » serait artificiel. Sans parler du punchy « Depressive Episode », son son de basse glaireux, sa guitare au fuzz baveux, et ses relents de vieux punk crossover.

Pour enrober le tout, deux autres belles pièces de stoner doom assez classiques mais toujours efficaces sont à relever : le très accrocheur « Cemetary Blues » vient encore appuyer la capacité du groupe à pondre des refrains doom que l’on se prend à entonner très vite à l’unisson, tandis que le morceau éponyme du disque s’emploie à montrer l’ensemble de la palette musicale du groupe : mélodie omniprésente, rythmiques pachydermiques, leads vibrantes…

In the Dawn of November est-il donc l’album qui pourrait faire exploser le groupe sur la « scène » stoner doom mondiale ? Qualitativement, la maîtrise stylistique est là, et le savoir-faire du groupe rejaillit dans tous les contours de ses compos : efficace et très accrocheur, ce disque a ce qu’il faut pour ravir les doomsters de tous horizons, amateurs d’un doom intègre, parfois aux limites de l’orthodoxie certes, mais toujours au service du genre. A ce titre, il est dommage de rater ce disque. En revanche, il est difficile d’imaginer le groupe prendre un essor incroyable dans les conditions actuelles, avec un label certes qualitatif mais aux moyens limités, et une propension à tourner live un peu restreinte de la part du groupe… Croisons les doigts toutefois, car ils méritent un autre statut.

 


 

 



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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