Graveyard – Peace

Label : Nuclear Blast (2018)
Chroniqué par Alex

Le moins que l’on puisse dire avec Graveyard, c’est que le groupe entretient une intimité toute particulière avec la faucheuse. Déjà, il nait des cendres de Norrsken il y a dix ans de cela en compagnie de son ténébreux frère Witchcraft. De cette nécromancie découlent quatre albums qui connaissent le succès. Hélas, le sombre enchantement perd de son pouvoir et en septembre 2016, Graveyard annonce sa séparation pour « différends au sein du groupe ». Toutefois, ne voulant toujours pas d’eux dans son royaume, la mort les renvoie sous le soleil et en Mai 2018, nos chers Suédois sortent leur cinquième album, sobrement intitulé Peace.

Pour l’occasion, le groupe s’offre un nouveau batteur nommé Oskar Bergenheim. Et pas la moitié d’un énervé. Dès les premiers instants de « It Ain’t Over Yet », on perçoit toute la vivacité du bonhomme. Ce premier titre dépourvu d’intro nous propulse illico dans un classique rock au groove certain et à l’énergie indéniable. Une énergie retrouvée dans « Walk On », invoquée par un jeu subtile d’accents sur la caisse claire et de toms harcelés. Ce même morceau dévoile en fin de parcours une séquence Deep Purplesque à souhait. Oskar joue à volume minimum, accompagné par la basse galopante et nerveuse de Truls Mörck. Une séquence fiévreuse qui débouche finalement à nouveau sur le refrain.

Néanmoins, si de nombreux titres déménagent, d’autres comme « See the Day » se rapprochent davantage du propos onirique en offrant de douces mélodies et un chant aussi clair que le rire d’un nouveau-né. Tout comme avec « Del Manic », on revient à la période Blues du groupe façon crooner.

Qu’il s’agisse de la voix de Joakin Nilsson ou de celle de Truls mörk, la narration se révèle très accessible. On côtoie en permanence la sensation que quelque chose est en train de se passer ; que derrière les riffs et les mélodies, une histoire se raconte. Une histoire que chacun se figurera à sa façon. On pense notamment à l’ensoleillé « Bird of Paradise », ou dans un autre style à « Please Don’t ». Ce morceau à la lourdeur assumée qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler les constructions burnées de Clutch.

On retient donc une alliance subtile de plusieurs genres. Un son retro aux constructions classiques, paré d’un super groove et assimilé à un psyché parfois méditatif mais toujours sincère. Cet album c’est aussi des teintes très bluesy qui, bien moins présentes que par le passé, viennent colorer l’ensemble et finalement, le dynamisent. Une réussite donc pour le groupe sorti de la tombe et qui, sans forcément triompher dans l’innovation, aura tout gagné de son séjour dans l’au-delà.



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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