Hackman – The New Normal

Label : Small Stone Records (2007)
Chroniqué par Laurent

Hackman - The New Normal

Gros flou sur ce groupe de ma part, mais les premières notes m’ont fait me jeter sur leur bio. Hormis le fait que la paire rythmique a fait partie du trop tôt disparu Lamont (une belle bande de rednecks laboureurs de gratte, et accessoirement de tympans), on sait peu de choses de cette triplette, et ce premier album marque donc leur première sortie « au grand jour » sur la scène stoner internationale.

Car oui, Hackman fait du stoner comme on l’aime. Et finalement, c’est assez rare pour être signalé avec panache. Hackman balance des riffs par caisses entières, et chacun de ses riffs est à lui seul aussi percutant que les 3 derniers albums de Fu Manchu (OK, 2 et demi, le dernier est plutôt bon). Ce déluge guitaristique repose fièrement sur une chape de plomb rythmique dont le groove (voir la basse sur « You can’t ever get what you want ») le dispute à la densité. Le spectre de Karma To Burn tourne avec bienveillance au dessus de la platine CD au fur et à mesure que les plages défilent : la comparaison ne s’arrête pas à ce sens du riff ultime et de la rythmique groovy, mais bien au fait que 95% de ce disque est instrumental ! On pensera aussi à Kyuss (en terme de filiation plutôt que de plagiat) ou encore à Operator Generator et Milligram (pour la densité pachydermique de la musique).

Ce qui laisse 5% de « chanté ». On émet la première réserve sur la musique de Hackman vers la fin de la seconde plage, lorsque Darryl, le gratteux, nous laisse subtilement percevoir la tendresse de son chant. Borborygme guttural au possible, sur fond de cordes vocales élimées par des litrons de bière tiède, les parties chantées de l’album n’apportent pas grand-chose à l’édifice.

Passés ces instants un peu « rugueux », on se laisse à nouveau prendre par la musique du groupe, qui évolue entre morceaux hautement mélodiques et groovesques, et brûlots de stoner-metal bien charpentés : autant les musiciens peuvent redoubler de feeling (voir la ligne de basse de « Ababac », ou le planant « Fuck you I played Altamont »), autant lorsqu’ils se mettent à envoyer du bois, c’est par stères entiers dans la face (le gras du bide « The anthem », « Chin music »).

Une première galette brillante, modeste orgasme musical, et en tout cas un groupe d’avenir (espérons-le, on en veut encore, des albums de cette trempe !).

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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