Hangman’s Chair – Banlieue Triste

Label : Musicfearsatan (2018)
Chroniqué par Flaux

Les pochettes d’album de Hangman’s Chair sont toujours un excellent indicateur du contenu que les parisiens cherchent à distiller au gré de leurs livraisons. Celle du nouvel opus Banlieue Triste ne déroge pas à la règle. Un homme tête baissée, inexistante même, jambes écartées. Un contrôle ? Une posture d’abandon ? Une caravane posée devant un pavillon, cernée par des immeubles, changement immuable de nos périphéries des années 70-80 et son cortège de pertes de repères. L’analyse est succincte bien sûr mais représentative de Banlieue Triste.

L’album est un condensé de tout cela. La patine déjà. Marquée, scellée même, par une production typée. Les guitares, leur réverbération, cette caisse claire, on nage dans les années 80 sur toute une partie spectrale du champ auditif. Contrebalancée bien sûr par un traitement massif des efforts saturés (cette basse tudieu !). L’écrin respecte donc la grammaire esthétique que Hangman’s Chair entend développer depuis son précédent effort et qui participe fortement à son identité.
Le tout sert les compétences du quartet. On le sait maintenant. Les gonzes savent écrire des riffs, des complaintes, des chansons. Et des putains de bonnes même. Tellement qu’on aimerait les entendre en acoustique soutenues par la voix merveilleuse de Cédric Toufouti.

Après une première partie d’album dantesque où le point culminant « Touch the Razor – Tara – 040916 » nous laisse exsangues, coupés en petites lamelles, dépecés devant la maîtrise de son ambition, sa capacité à gérer une tension coupée au cordeau, Banlieue Triste s’essouffle quelque peu à l’écoute en seconde partie. La faute peut-être à son point de vue esthétique et sonore étouffant trop le propos. L’exercice instrumental de « Sidi Bel Abbes » par exemple tourne en rond et se cherche un peu trop à notre goût, écrasé par une production par trop envahissante.

Alors certes, Banlieue Triste n’a peut-être pas la consistance de son prédécesseur, le liant y est peut-être moins prégnant mais le nouvel effort des parisiens n’en reste pas moins une suite solide, élégante et forte. La carrière du quartet semble épouser ses envies. On y ressent le besoin de s’élever, de décoller les deux pieds du sol, de s’extirper de la poisse. Hangman’s Chair n’ira jamais tutoyer les étoiles musicalement, tel n’est pas son credo. Sa musique sera toujours puissante, lourde, le combo cherchera, j’en suis sûr ou je l’espère, à intégrer plus de sagesse et de douceur à sa mélancolie future. Amer béton.



Note de Desert-Rock :
   (7/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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