Il ne faut pas toujours se fier à l’étiquette. Si Kalamata est une ville du Péloponnèse, le groupe, lui, est allemand. La formation stoner psychédélique instrumentale de Hildesheim sort d’un break de neuf longues années pour dévoiler sa nouvelle production, Zenosyne. Contrairement à l’injonction du titre de l’album, faisant référence à la sensation que le temps file de plus en plus vite au fur et à mesure que l’on prend de l’âge, nous avons pris notre temps pour considérer les cinq pistes qui composent ce nouveau disque.
C’est ce genre de détails qui fait tout le sel d’un album construit selon les canons actuels du genre. La basse, loin d’être un faire-valoir, déroule des mélodies de belle facture. Lorsque les accords montent en puissance, il ressort des compositions une sensation lumineuse qu’illustre parfaitement le dernier tiers de « Quicksand ».
De cette basse lumineuse aux cymbales feutrées de la batterie de « Eingriffsraum », on pensera à quelques discrètes formations européennes qui émaillent régulièrement notre actualité. Rien de grandiloquent donc, mais de l’intelligence et du raffinement tout au long des 41 minutes de cet opus.
Enfin, les grattes moirées de stoner psychédélique et de post-rock, selon qu’on les regarde à la lumière de « Everything » ou de « July 2 ». De ce côté, l’enregistrement studio permet un tour de passe-passe pour dédoubler des guitares qui, au final, ne sont tenues que par le seul Peter Jaun.
L’écoute de Zenosyne est une belle occasion de se laisser aller au sensible sans jamais se laisser submerger par des atermoiements pleurnichards. Le trio fait les choses avec sérénité, avec maturité, comme il lui plaît de définir cette plaque. Il laisse s’exprimer sa fragilité et révèle son assise sur la très équilibrée, voire synthétique, « Waves ». Cette piste à elle seule résume l’album et le savoir-faire de Kalamata.
Zenosyne est un album consciencieux, dénué d’inutile pudeur. Il dessine en cinq pistes la sérénité d’un groupe qui regarde s’accélérer son quotidien et on espère bien qu’il aura la nécessité de laisser au plus vite quelques futures œuvres derrière lui.
Fun fact: Le bandcamp de Kalamata présente les albums sans tenir compte des titres réels afin de faire passer de facétieux messages. Ci après, « Waves »
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