Kind – Rocket Science

Label : Ripple Music (2015)
Chroniqué par Ain’t One

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La notion de super-groupe tient dans l’hypothèse que l’accumulation de vaillants gaillards œuvrant dans de supers groupes chacun respectivement aurait pour résultat de créer une structure au-delà d’un groupe jugé « normal » mais un groupe hors norme que l’on pourrait qualifier de sur-super. Une théorie en soi aussi prometteuse que fumeuse, l’équivalent musical à un repas de fête où foie gras-huitre-buche-champagne s’uniraient dans une seule et même succulente recette. Quand bien même les ingrédients sont Elder, BlackPyramid/The Scimatar, Rozamov et Roadsaw, cela pourrait se traduire par une indigestion. Gages de qualité en soi, le pédigrée des protagonistes ne doit pas faire oublier l’essentiel : le son.

Sans grande pompe, ni tralala, Kind débarque en toute innocence comme la réunion de cOpaings qui à l’occasion jammaient sans y paraître et qui suivant leur bonhomme de chemin firent un petit live par ci, une petite démo par là et sortent maintenant leur premier album « Rocket Science » sans crier gare ! Un groupe, somme toute, normal avec des supers artistes en son sein.

L’aspect jam est ce qui ressort dès les premières écoutes. A l’image de jeunes loups dans leur garage faisant tourner du riff dans un esprit classic-rock. Recherche du plaisir dans la ritournelle plus que dans la structure. Puis la magie opère au-delà de l’addition de talent, la mayonnaise a pris. L’alchimie qui se dégage de ses quatre-là quand ils écrivent ensemble, les cimentent comme un groupe à part entière. Le développement naturel des morceaux à l’image d’un « German for Lucy » en ouverture renvoie directement à la sorcellerie kyussienne. L’usage maîtrisé des effets par Darryl Shepard à la six-cordes sert aussi bien de transition que d’orfèvrerie aux riffs déjà bien ciselés. Confortablement posé sur l’épais matelas de basse graisseuse offerte par Tom Corino, lui-même soutenu par le groove ostentatoire de Matthew Couto, l’unité instrumentale transpire l’hégémonie de leur savoir-faire. Fluidité des enchainements rivalisent avec débauche de bons plans.

De cette masse incantatoire à la gloire d’un rock certes doom mais classic par bien des atours, se dégage le chant de Craig Riggs. Son arrivée a scellé la création de la bande et son destin avec. Kind sera, au-delà du side-project, un groupe qui a de quoi s’inscrire sur le long terme. Le vocaliste démontre au fil des titres combien son grain de voix tantôt mordant, tantôt caressant, propulse les jadis jam-sessions chatoyer le génie de groupe établi comme référence du genre. Dans le direct « Fast Number One » comme dans le spacieux « Hordeolum », Kind fait figure de roublards flibustiers abordant le vaisseau amiral du stoner-doom pour en prendre les commandes et le laisser dériver au grès de licks psychédéliques, de pachydermiques assauts et autres aériennes mélopées. « Pastrami Blaster », « Rabbit Astronaut », « The Angry Undertaker » équivalant à des boulets de canons aux noms aussi originaux que leur efficacité est enchanteresse.

La classe de ces gentlemen-corsaires effleure l’extatique réussite d’une fusion de super-saiyans. Leurs pouvoirs bel et bien réunis dans un super-groupe. Pour le moment ça ne dure que les 51 minutes de ce Rocket Science mais présente l’avantage d’un simple replay pour se remettre une gouleyante dose d’ambroisie musicale.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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