Mars Red Sky – Stranded In Arcadia

Label : Listenable Records (2014)
Chroniqué par Cosmic Mo

mrs-stranded

La rythmique est lourde, sourde, sombre, à un point que l’étouffement pourrait nous prendre dès les premières secondes. Mais les lumières percent : une guitare, de la reverb, un chant, haut et lointain. Des couleurs apparaissent : jaune, ocre, rouge. Nous voilà sauvés mais déjà loin, si loin…
Voici en peu de mots l’effet Mars Red Sky.
L’artwork de la pochette laisse maintenant place au doute. Sommes nous sur un semblant de Mars avec ce simili-cercueil déjà présent sur leur EP ? Sommes nous finalement sur une terre ravagée, comme pourrait nous le laisser subodorer le Christ Rédempteur à l’horizon ? Ce rocher extrait de l’eau par le trio ne serait-il pas le météore de leur premier album ? Depuis refroidi, digéré ? Il me semble qu’on peut voir ici un message quand à ce qui nous attend : une évolution.

L’introduction du premier morceau (« The Light Beyond ») n’est pas sans rappeler celle de leur collaboration avec Year of No Light. Quelques notes lointaines pour mieux vous surprendre et quand la voix de Julien Pras arrive vous êtes déjà transportés. On retrouve bien sûr tout de suite leur style et ce avec plaisir. Mais, au bout de cinq minutes nostalgiques, commence une montée riche en émotion qui trouvera son paroxysme dans les cris libérateur d’une voix plus intense que jamais. Passons tout de suite à « Holy Mondays » qui est certainement le morceau le plus entraînant de l’album. Une base lancinante et un refrain si entêtant que votre cerveau l’intégrera dès la première écoute. En un mot : efficacité.
Nous voilà arrivés au cinquième morceau, celui qui donne en partie son nom à l’album : « Arcadia ». On est là face à un instrumental de presque six minutes en forme de longue complainte mélancolique. La section rythmique, menée par Jimmy Kinast (basse) et Mathieu Gazeau (batterie), reprend un motif simple et lent jusqu’à épuisement. Par dessus, la guitare surnage. Le tout finit quand, dans une apothéose orgiaque, la guitare active la fuzz, reprend le motif, l’accélère puis le laisse filer… Voilà une dose pure de psychédélisme.
Pour « Seen A Ghost » déjà présent sur l’EP inter-albums la ligne de voix est étrange. Elle semble avoir été extraite d’un morceau pop puis mixée avec un cantique pour être ralentie, compressée, dénaturée. L’effet peut être déstabilisant. Pourtant l’intégration est parfaite et marque une expérimentation réussie.
Le dernier morceau (« Beyond The Light ») sert d’outro et reprend le premier motif de l’album pour boucler la boucle, comme on dit. L’ajout de vagues sonores permettant de voguer tranquillement vers la réalité.

Je vous laisse la découverte du reste mais sachez que la galette ne semble posséder aucune faiblesse. Chaque morceau évite la redite et possède son originalité, ses subtilités. Le rythme est totalement maîtrisé et nous entraîne sans difficultés, en alternant les plaisirs et les émotions, jusqu’à la fin. L’album semble en fait plus ambitieux que le précédent. Les greffes apportées à leur style en sont la meilleure illustration. La voix, plus affirmée et nouvellement enrichie de nombreuses variations, permet la création de nombreuses ambiances. Les expérimentations instrumentales vont aussi plus loin, plus souvent, plus longtemps. Pour finir, la production est d’excellente qualité. Elle évite le marasme sonore et garde un côté très « naturel ». En somme, le seul reproche pourrait se porter sur la durée avec 7 morceaux et demi pour une quarantaine de minutes. Je crois que je suis simplement trop gourmand mais bon sang que ces Bordelais sont bons !

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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