Monolord – Vaenir

Label : RidingEasy Records (2015)
Chroniqué par Ain’t One

Vaenir Album Art

Sensation de 2014, né comme un side-project en 2013, Monolord revient pour consumer le reste de nos âmes sur le bûcher du doom. Déjà une nouvelle offrande, cela s’apparente à battre le fer tant qu’il est chaud. Ou à vivre sa passion hors des standards édictés par l’industrie musicale actuelle. Du riff bûcheron, du jam, du psychédélisme dans la répétition et des arrangements aux burins pour peaufiner les angles. Rien de nouveau sous la brume incandescente ? Ce serait nier le talent des suédois. L’album porte le nom du plus grand lac en Suède et à bord de l’embarcation Monolord son écoute s’assimile à le traverser pris dans la glace.

Dans un crépuscule naissant « Cursing the One » nous éloigne du rivage. Si les premières ramées résonnent d’un écho connu dans le premier album, c’est leurs vigueurs qui frappent. Son plus puissant, plus incisif, le groove décadent du riff nous pousse plus loin dans les eaux glaçantes d’un doom résolument moderne dans sa production. Les côtes encore à vu, le deuxième morceau voit la glace se densifier autour de la barque. Changement de rames, c’est armé de bûches qu’il faudra briser l’eau gelé (et nos nuques) pour poursuivre notre traversée. Le groupe frappe plus fort dans l’énergie dégagée avec ces deux premiers titres. Le final de « We Will Burn » a de quoi fissurer la banquise. En surface on aperçoit ce qui a démarqué Empress Rising comme un album prometteur, mais tel un iceberg, en profondeur la masse qui se dégage de l’ensemble est abasourdissante.

La densité des riffs est contrebalancée par cette voix lointaine, comme une résonnance nous appelant de l’autre côté du lac. Cette voix plus présente, nous empêche de couler sous le poids des rythmes matraqués par la batterie juste sur-mixée comme il se doit. Parti si fort, « Nuclear Death » nous laisse le temps de totalement perdre l’esprit. Plus mélodique dans son approche, la ligne de basse apporte la rondeur et la subtilité nécessaire pour garder le cap. La respiration est de courte durée, quand s’annonce la deuxième partie de l’odyssée. Au milieu du lac, tout espoir de revenir en arrière est vain, c’est dans le désenchantement le plus total qu’il faudra continuer. « Died a Million Times » assomme. En son sein se découvrent des horizons obscurs. La fougue refait surface mais la mélodie prend le dessus et le break nous gifle de sa glaciale brise. A perdre la raison dans ce brouillard givrant, le doom de Monolord se fait plus sombre que rentre-dedans.

« The Cosmic Silence » court intermède mélancolique et posée, nous plonge la tête dans l’eau. Un bain salutaire pour nous sortir de notre torpeur hallucinatoire. Ce nouveau visage que nous dévoile le groupe est séduisant. Ce deuxième album nous promet des terres encore inexplorées et un potentiel énorme. Le monstre « Vaenir » ne fait que confirmer tout cela. Lent, puissant, aux portes du funèbre, la première partie de ses 17 minutes est glaçante. Puis seule à nouveau, la guitare nous saisi le sang et les sens. Simples accords ouverts à nous pousser dans le désespoir le plus profond. Voués que nous étions à nous perdre dans ce trip, nous nous complaisons à errer sur ses flots torturés. Hagards, gelés, perdus dans notre subconscient, les ultimes coups de butoirs nous échouent sur la terre promise.

Un deuxième album renversant. Monolord a poussé sa recette à l’extrême et démontre une capacité à aller chercher de nouveaux horizons. Un album qui confirme la place qu’il faut leur accorder sur l’autel du doom. Peut être que se donner plus de temps pour le prochain album pour peaufiner et  approfondir ce qu’ils nous proposent ici, leur permettra d’écrire un « classique ». D’ici là laissez vous porter par Vaenir, un incontournable de l’année.

Note des visiteurs :
   (0/10 – 0 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook