Motorpsycho – The Crucible

Label : Stickman Records (2019)
Chroniqué par Flaux

Difficile de ne pas tracer un parallèle avec la discographie, la boulimie de genres et de publications foisonnantes de Motopsycho et le mythe de la tour de Babel. Par leur précédente livraison déjà « The Tower » (bien vu l’aveugle) et par leur propension à utiliser tellement de langages qu’ils en brouillent parfois le fil directeur de leur propos. Difficile en effet d’entendre le même groupe il y a vingt ans de celui d’aujourd’hui quand bien même il s’agit là d’une intelligente et raffinée mue(sicale).

Pourtant rien de trouble dans la nouvelle galette des norvégiens. « The Crucible » se pose en suite somme toute logique de la précédente livraison. Un séquel qui partage les mêmes ingrédients et mécanismes de compositions et qui assoit un peu plus la présence du batteur Tomas Järmyr (arrivé sur « The Tower »). Une suite plus sombre tout de même où les idées se font malmenées, où le groupe mène ses réflexions à plus de cassures bruitistes.

Le groupe y développe à nouveau son amour des entrelacs de guitares, des envolées de cordes, son obsession pour la polyrythmie et ses canevas complexes et tortueux. Il creuse de plus en plus ses amours et obsessions de la scène prog de la fin des années 60 début 70. Comment en effet, ne pas penser au roi Crimson dans « Lux Aeterna », à sa science de l’équilibre et à son amour du brinquebalant baroque ?

Motorpsycho cimente toujours plus son savoir-faire empirique, n’hésitant pas à piocher çà et là chez ses grands darons, Black Sabbath en tête de gondole. Difficile de ne pas écouter « Psychotzar » sans entendre ces guitares venues de la perfide Albion. C’est d’ailleurs sur sa capacité à doser ces différentes références que Motorpsycho sort du lot. Le trio pourrait tout à fait s’y perdre et nous offrir une succession de plans plus ou moins connus des initiés, or chaque titre sonne comme tout à fait personnel.

Là est la force du combo. Il est devenu, par son hyperactivité et sa force créatrice, une référence à part entière, un groupe détaillant un peu plus à chaque sortie l’orfèvrerie de ses compositions. On retrouve d’ailleurs dans cette manière de faire et d’avancer les envies de Elder, rien d’étonnant à les voir évoluer sous la même bannière, Stickman Records. Ce genre de label privilégiant la création à la copie, la naissance au clonage. On pourrait d’ailleurs citer Pelagic Records dans un genre plus aérien. On digresse me direz-vous mais il s’agit là de bien vous faire comprendre du caractère tout à fait singulier de Motorpsycho.

Car, oui, il serait dommage que vous passiez à côté, que vous ne creusiez pas plus que la première écoute. Le groupe n’est pas « bankable », pas « in », il est nul en communication, frileux dans ses tournées, rarement cité par les lecteurs et fans de stoner (dans sa large acception j’entends). Il est pourtant majeur et incontournable pour qui recherche l’évasion et l’intelligence dans la musique.

« The Crucible » n’est pas le meilleur album de Motorpsycho. Non. Il est la juste continuité d’une œuvre totale, une pierre de plus à l’édifice riche, multiple et singulier que le groupe construit patiemment depuis plus de vingt maintenant. Un porte d’entrée pour les non-initiés peut-être, un étage supplémentaire pour les amateurs assurément.



Note de Desert-Rock :
   (7/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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