Mountain Witch – Extincts cults

Label : This charming man records (2020)
Chroniqué par Letthereberock51

Initialement formé en duo en 2008, Mountain Witch s’est rapidement retrouvé trio après que les 2 René (Roggmann et Sitte) aient enrôlé le bassiste Tobert Knopp l’année suivante. Un premier album qui n’aura pas soulevé les foules paraît en 2010, puis un deuxième, l’excellent Cold river, leur ouvre les portes de la reconnaissance du milieu. Gavé de stoner blues jusqu’à l’os, cet album transpire la classe et la pureté du son est remarquable. Trois ans plus tard, en 2016, le sulfureux Burning village les fait passer d’un blues rock sensuel à un stoner doom plus musculeux, le groupe ayant décidé de changer de braquet au fil du temps. Ce qui fait qu’on ne sait pas trop à quoi s’attendre avant l’écoute du dernier bébé du trio, intitulé Extincts Cults et paru chez This charming man records après quatre années de silence.

Déjà, on jette un œil à la playlist : 6 titres pour 33 minutes de musique, difficile de faire plus concis. On imagine donc un album immédiat, qui ne prendra pas de chemins de traverse pour aller à l’essentiel… Dès le titre d’ouverture, « Capping day », l’alchimie entre la galette et l’auditeur est quasi-immédiate, avec ce son si vintage et cette voix doublée, comme au bon vieux temps… Un régal pour les nostalgiques mais qui laissera sans doute circonspect les plus jeunes d’entre vous, plus habitués au déferlement de guitares hurlantes et de riffs de basse qui fissurent les murs. Les bases sont bonnes, on a hâte de découvrir si la suite sera du même acabit… On enchaîne avec un « Back from the grave » très old school, peut-être trop d’ailleurs, avec des nappes de synthé d’un autre temps et qui n’apporte finalement pas grand chose au titre qui se suffit à lui-même avec une rythmique volontaire, des riffs efficaces et toujours cette voix doublée qui, ici, dénature un titre qui aurait mérité une production plus rentre-dedans. Et ce, même si ce n’était sans doute pas les intentions premières de Mountain Witch.

On continue à pester envers la production étouffée à l’extrême avec un titre comme « Worship you », qui aurait sans doute mérité une cure de Red Bull tant ce titre, avec une mise en avant accrue de la basse et de la batterie, aurait tout déchiré… Dommage, et c’est sans doute le principal reproche que l’on fera à cette galette : le trio allemand, en voulant tenter de plaire au plus grand nombre, en a oublié les fondamentaux du stoner : ce qu’on veut, nous, c’est prendre une grosse mandale dans la tronche, dodeliner du croupion et onduler de la crinière à s’en déboîter la nuque… Bon OK, Mountain Witch n’a jamais eu l’intention de devenir le nouveau Monolord mais quand on possède autant de qualité d’écriture avec des titres de la trempe du morceau éponyme « Extincts cults » qui dépasse les 7 minutes, on peut se montrer exigeant et critique. Et sans doute un peu de mauvaise foi aussi, cet album étant au final sacrément bien foutu et particulièrement agréable à écouter.

« Man is wolf to man » et son intro à la « Paranoid » nous emmène doucement vers le final intitulé « The devil, probably » qui conclut parfaitement cette galette avec, pour la première fois depuis le début, une production à la hauteur de la composition, la guitare étant particulièrement mise en avant. Avec Extincts cults, Mountain Witch ne briguera sans doute pas le titre de meilleur album de l’année mais il saura contenter les amateurs de galettes vintage qui sentent le formica, la brocante et la naphtaline. Pas inoubliable, mais ce serait tout de même dommage de passer à côté.

« EXTINCT CULTS » by Mountain Witch



Note de Desert-Rock :
   (7/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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