Pearls and Brass – The Indian Tower

Label : Drag City (2006)
Chroniqué par Jihem

Pearls and Brass - The Indian Tower

Amis du 4/4 bien carré et des rythmiques binaires, passez votre chemin, cet album n’est pas pour vous ! Alors que Pearls and Brass nous avait offert un premier album éponyme des plus sympathique emprunt d’effluves southern-rock bien digérées, ces trois petits gars de la campagne profonde reviennent bousculer nos certitudes avec cet « Indian Tower » difficilement cernable au premier abord.
Les enchaînements couplet-refrain-couplet-solo-, Pearls and Brass s’en fout comme de sa première chemise canadienne. Pour eux, il n’existe qu’une seule règle valable, ne respectez aucune règle. Ce qui pourrait servir de prétexte aux musiciens médiocres prend une toute autre dimension quand il s’agit de virtuoses. Et nous sommes bien ici en présence de virtuoses. Josh Martin, batteur halluciné, frappe sur tout ce qui bouge avec une prédilection pour les contre-temps et les cassures de rythme, suivi en cela par Randy Huth dont le jeu de guitare s’apparente plus à un solo permanent qu’à une suite de riffs recyclés. Difficile ici de se raccrocher à une mélodie, à peine commence-t-on à voir où ces doux cinglés veulent en venir qu’ils sont déjà ailleurs, emportés par leurs délires rythmiques. Admettons-le, le procédé déroute au début. On sent bien qu’on a affaire à quelque chose d’unique mais on ne parvient pas vraiment à assimiler la masse d’informations qui déferlent sur nos pauvres oreilles, toutes habituées qu’elles sont à entendre du groove cousu de fil blanc. Derrière l’apparente absence de structure se cache une complexité de la composition et des arrangements qui ne se révèlent qu’après plusieurs écoutes attentives, faisant de « The Indian Tower » l’exemple parfait d’album qu’on peut réécouter cent fois tout en y découvrant toujours de nouveaux éléments. Le titre acoustique « I Learn The Hard Way” placé judicieusement en milieu d’album permet d’éviter l’indigestion et ce n’est que lors de rares passages plus disciplinés qu’on percoit les influences blues revendiquées par le groupe. On sent également l’empreinte inévitable de quelques pointures du boogie-southern-rock tels que Grand Funk Railroad ou Lynyrd Skynyrd qu’on aurait laissé une heure dans une centrifugeuse avant de les pousser, vacillants, sur scène.
Petit conseil aux auditeurs potentiels : évitez cet album les matins de gueule-de-bois, vous risqueriez de devenir accro à l’aspirine.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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