Slomosa – Slomosa

Label : Apollon Records (2020)
Chroniqué par Laurent

Comme le souligne très justement leur biographie, voir émerger du bon stoner rock du pays probablement le moins désertique du monde, la Norvège, ne semble pas a priori le phénomène le plus probable, au milieu de la quantité de sorties vinyliques qui s’enchaînent chaque mois. Le jeune quatuor norvégien balance pourtant un premier album surprenant à plus d’un titre, dans le bon sens du terme.

L’aspect le plus immédiatement séduisant dans la musique de Slomosa est son son de guitare en particulier : ce fuzz croustillant, tellement emblématique des meilleures productions du début du siècle notamment, émoustillera immédiatement le fan de stoner pur jus. Ce doux mélange de sonorités rencontrées ici ou là chez des groupes comme Lowrider, Truckfighters ou 1000Mods par exemple, et évidemment jamais trop loin du Kyuss matriciel, est un authentique ravissement auditif pour l’esthète « d’une certaine idée du stoner ».

Autre caractéristique distinctive : ce sens du groove imparable, parfaitement assimilé, développé à l’envi sur toute la galette. A l’écoute des huit plages (pour 37 trop petites minutes), on headbangue, certes, mais on chaloupe aussi pas mal, de manière inconsciente beaucoup, et irrésistible surtout. Jetez une oreille sur les dévastateurs « There is Nothing New Under the Sun » ou « Just to Be » pour une indécente portion de groove fuzzé. Mélodies et riffs s’entremêlent sur chaque compo pour une réussite globale qui force le respect, en particulier pour un groupe formé il y a moins de trois ans. De fait, chaque compo développe sa propre identité, comme un éventail des capacités de Slomosa à embrasser plusieurs genres musicaux, sans jamais apparaître décalé ou hors propos : ils peuvent passer d’un stoner très classique (« Horses » et son riff ultra catchy, « Scavengers » et ses réminiscences Elder, ou encore « On and Beyond »…) à des titres plus nerveux (« Kevin » qui rappelle le côté punk rock des premiers Fu Manchu), en passant par des titres plus rock (« In my Mind’s Desert » et sa nonchalance emblématique des premiers QOTSA). On ne s’ennuie pas une seule minute, et on a bien du mal à lâcher ce disque.

On peut le tourner dans tous les sens, analyser chaque chanson ou chaque riff, mais au final, la qualité de cette galette s’impose d’elle-même. Dans le genre finalement assez étroit de « l’authentique» stoner rock, il est probable qu’en fin d’année on compte les bons albums sur les doigts de la main du Baron Empain… et on peut déjà probablement affirmer que Slomosa sera de ceux-là. Mettez-moi ce groupe dans un van pour venir faire vrombir les amplis hors de scandinavie !

 


 



Note de Desert-Rock :
   (8.5/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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