Sourvein – Will To Mangle

Label : Southern Lords Rec. (2002)
Chroniqué par Brotherfab

Sourvein - Will To Mangle

Ouch ! Voilà quatre ricains manifestement très remontés qui semblent extérioriser la somme de leur désespoir sur un disque à la tonalité réellement tragique. Mise en scène particulièrement efficace de la rage qui les ronge, la musique de Sourvein est une célébration de la colère. Scrutateurs d’un monde qui s’obstine à ne bâtir qu’un champ de ruines, ces trois mecs et cette nana (à la guitare) ont élaboré une esthétique de la lacération et de la mutilation (comme l’indique le nom de l’album). Ce disque est un hallucinant rappel à l’ordre pré-apocalyptique à l’adresse d’un monde à la dérive. Alors qu’il devrait instiller la terreur et donc l’évitement, sa force réside cependant dans son pouvoir d’attraction qui conduit à en multiplier les écoutes. Car comment résister au déversement de ces montagnes de riffs monolithiques et tranchants ? Comment ne pas plier de bonheur sous les martèlements pachydermiques de la batterie ? Comment ne pas se soumettre avec extase à ce déluge de hurlements saturés frôlant la démence ? Comment ne pas se laisser enivrer par ces rythmes lents et indolents agrémentés de ci de là de quelques hammer iommiesques et gimmicks winoesques ? Et pour couronner le tout, comment ne pas succomber à la production toute en épaisseur noire de l’incommensurable Billy Anderson (je ne sais plus quel qualificatif utiliser à son propos : sorcier, magicien, pape, dieu, extra-terrestre ?). Sourvein c’est un peu Sleep en plus dur, High On Fire en plus groovy, Electric Wizard en plus sauvage. Tout simplement inouï. Si Sourvein opère dans un périmètre réduit, il n’en est pas moins parvenu à se forger une identité très forte. Le titre « Carveblind » en est probablement la plus belle illustration. Après nous avoir maintenu, pour notre plus grande joie, le nez dans la réalité la plus sombre pendant sept morceaux, « Dirgewine » qui clôt le disque, nous offre la plus belle des conclusions : synthèse des titres précédents (immanence), suivi d’un solo lumineux (transcendance) avant de basculer à nouveau dans la barbarie du monde physique. Un disque dur certes, mais surtout somptueux. Aussi divin que l’enfer.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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