Spaceship Landing : A Tribute to Kyuss

Label : Witching Buzz (2025)
Chroniqué par shinkibo

Fut un temps où les albums « tribute » suscitaient une certaine excitation, démultipliée quand la combinaison parfaite était proposée : le groupe célébré devait mériter et justifier l’hommage, et les artistes impliqués devaient être intéressants (qu’il s’agisse de groupes à faible notoriété ou au contraire de formations reconnues qui se frottent à un répertoire différent). Mais les années ont passé, les tribute insignifiants et sans intérêt se sont multipliés (avec des motivations… « diverses »), emmenés par des labels peu inspirés (voyant surtout là une occasion de mettre en avant leurs propres groupes) voire sans moyens. Résultat : la perspective d’un tribute à Kyuss cette fois ne nous a pas fait particulièrement sauter au plafond. Pour autant, c’est avec une oreille bienveillante que l’on a écouté celui-ci, proposant des groupes peu connus, ou peu exposés.

Après bon nombre écoutes, plusieurs approches se détachent de la part des groupes en action : certains se placent dans l’ombre du géant et n’apportent pas grand-chose aux titres originaux (soit par déférence, soit par… manque d’inspiration ou d’originalité), d’autres essayent des choses et se détachent plus ou moins de l’original (que ce soit pertinent ou parfois sans intérêt). Pourtant, ce critère ne suffit pas à apprécier chaque titre, certains peuvent être bons dans une approche ou dans l’autre !

Se frotter à des reprises de Kyuss, c’est forcément un exercice casse-gueule : ça passe ou ça casse. Sans même parler de l’empreinte culte colossale de la formation californienne, les compos, en termes de son, se distinguent par leur massif son de guitare-basse, et par le chant si particulier de John Garcia. En termes de reprise, un bon technicien de la guitare n’aura pas de mal à reproduire les parties de Homme. En revanche, quiconque tente de « faire du Garcia » ou de se distinguer par le chant se plante dans les largeurs (c’est le cas de pas mal de groupes ici, dont les chanteurs sont aux frontières de l’approximatif).

Avec 20 chansons, pour presque 1h45 en tout, on ne s’essaiera pas au track-by-track. Les grands gagnants de l’opération sont finalement assez rares, et dans des registres bien différents. On pense au « Odyssey » de ISAAK (une interprétation solide et un son puissant qui conviennent bien à ce titre qui se prête bien à cette locomotive guitaristique), « One Inch Man » par Loose Sutures (un arrangement vraiment bien vu, autour d’un groove psych renflé de plans de synthé space rock), « Freedom Run » par King Howl (respectent bien le groove original, et ne tombent pas dans le piège de singer Garcia) ou encore, dans son style bien à lui, « Space cadet » par les français de DoctoR DooM (une bonne maîtrise instrumentale et des arrangements pertinents).

Derrière, plusieurs groupes s’en sortent bien, sans susciter ni surprise ni admiration toutefois : Rainbow Bridge (un « Apothecaries’ Weight » avec quelques efforts dans le jeu et les sons de guitare), Folwark (« Whitewater » bien géré sur l’axe instrumentation et interprétation), les français de Mercure (version intéressante de « Size Queen », un choix original, doté d’arrangements intéressants, en particulier sur ce refrain un peu grandiloquent qui fonctionne bien) ou Wet Cactus (une vraie appropriation de la chanson, fidèle mais efficace). Au rang des déceptions, on notera les français de Poste 942, qui ne parviennent pas à transcender un « Demon Cleaner » probablement trop emblématique (trop fidèles à l’original, jusque dans les « yeah » du couplet, ils ne parviennent pas à se détacher assez de la chanson, malgré une bonne perspective sur la fin du titre). Les autres titres ne se détachent pas vraiment, et procurent tout au plus (pour certains) un petit plaisir d’écoute lié aux compos originelles.

Vous l’aurez compris, on n’est pas sur un disque incontournable : sans jamais être déshonorant (aucun groupe n’est ridicule…), le disque propose quelques moments intéressants, mais aussi beaucoup de morceaux sans réel intérêt. Les groupes se seront probablement fait plaisir, et se seront un peu fait connaître par ce biais – c’est déjà pas mal.



Note de Desert-Rock :
   (6/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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