Spiritual Beggars – Demons

Label : Inside Out (2005)
Chroniqué par Laurent

Spiritual Beggars - Demons

Ahhh, ça faisait longtemps qu’on attendait ce nouvel album de l’une des « locomotives » du stoner : vous voyez de qui on veut parler, ces groupes qui se maintiennent facilement dans le peloton de tête du genre, pas toujours par l’intégrité et la qualité de leur musique (généralement c’est le cas, quand même !), mais en tout cas par le succès qu’ils ont acquis, et le simple fait qu’ils sont parvenus à dépasser le statut de modeste groupe « underground ». Un groupe qui fait du bien au genre, donc, permettant à plus de monde de découvrir les influences qui ont « enfanté » ce terrible rejeton…

Assez de digression, il est temps d’enfourner cette galette dans le lecteur CD. Après une intro frisant le cérémonial, l’album commence par « Throwing your life away » et on retrouve Spiritual Beggars, finalement là où on l’avait laissé : un groupe qui se fait plaisir, à l’aise dans ses baskets, évoluant dans un hard rock très inspiré seventies, avec une aisance et une assurance confondantes. Sûrs d’eux, ils avancent toujours dans la même direction.

Et puis les titres avancent, et le groove est toujours là (« Salt in your wounds », « Dying every day »), mais aussi une bonne dose « d’agression ». Et là, le bât blesse un chouilla… Parce qu’au final, Spiritual commence quand même à ressembler à un groupe de metal. Ce n’est pas péjoratif, mais ils s’éloignent quand même de ce pourquoi on les aime tant… Certains titres ont très peu de lien avec le bon vieux hard psychédélique un peu suranné que le groupe maîtrisait si bien. Bon, on va un peu facilement reprocher à Amott de rapprocher son second groupe de son autre bébé, Arch Enemy, surtout suite au succès récent de ce dernier ; ce serait probablement une erreur, toutefois : vu le carton, justement, de Arch Enemy, on peut imaginer que si le bonhomme revient faire un skeud (forcément confidentiel, en comparaison) avec ses potes de Spiritual Beggars, c’est avant tout par passion !

Ne boudons pas notre joie donc. On retrouve quand même des morceaux Beggaresques comme on les aime, et auxquels le groupe nous a habitués (« One man army », « Treading water »), et même quelques joyaux (l’épique « Elusive » et ses montées en puissance jouissives, servies par un chant et une gratte solo en états de grâce). Le groupe se laisse même aller à des titres plus lents, où la guitare prend un tour vicieux, malsain parfois (« No one heard », très énervant car immédiatement entêtant, ou « Through the halls » et son final en forme de déferlante guitaristique + claviers). Le tout baigne dans une indécente quantité de riffs tout simplement remarquables (putain de Mike Amott…), et la maîtrise instrumentale est vraiment sans faille, totalement bluffante : la basse groove, la batterie est agressive, les claviers se font discrets mais bien efficaces lorsqu’ils sont sollicités, et les guitares, complémentaires, finissent d’assoir un groupe qui désormais repose derrière le talent vocal de JB. Inutile de griller le suspense, c’est lui la star incontestable de cet album. J’adorais pourtant ce bon vieux Spice, mais là, faut se rendre à l’évidence : le coffre de l’animal est affolant, son potentiel vous scotche au détour de chaque refrain. On a vraiment l’impression que sur tous ces titres, il ne fait que chantonner, sans pousser vraiment sa voix dans ses derniers retranchements, avec une aisance et un « charisme vocal » étonnants… Honnêtement, ça calme.

Alors voilà, ce n’est pas le meilleur album des Beggars, mais il reste un album de très grande qualité, qui mérite que l’on s’y attarde : une sorte de garantie sans risque, du Spiritual pur jus, avec tout ce qu’on aime. Mais c’est quand même encore un pas vers « autre chose », un de plus…

Note : il paraît que l’album est sorti dans le commerce avec un DVD live, ou quelque chose d’approchant. Autant vous dire que cet argument devrait finir de vous persuader, surtout si le prix est raisonnable !

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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