The Atomic Bitchwax – 11/10/2023 – Bordeaux (Pessac – Sortie 13)

Chronique de

Ça commence à sentir la rentrée cette histoire ! Les festivals d’automne occupent tous les week-ends, et les tournées annoncées depuis quelques mois se matérialisent un peu partout dans l’hexagone et autres pays limitrophes. C’est dans ce contexte que les plutôt rares The Atomic Bitchwax gratifient la France de trois jolies dates en headliner, dont cette soirée en banlieue bordelaise, dans cette petite mais impeccable salle Sortie 13.

Pas de première partie (c’est dommage, il y a pas mal de formations locales qui auraient apprécié, sans doute, de partager les planches avec ce groupe culte), on a donc juste le temps de papoter un peu et on est jetés direct dans le bain, à l’heure prévue, où l’assistance vient garnir en quelques minutes la petite salle. Même s’il n’y a pas des centaines de personnes, la capacité de la salle est parfaitement adaptée – pour un groupe qui a peu tourné en Europe dans sa carrière, et encore moins en headliner, prétendre à une plus grosse affluence ne serait pas raisonnable.

 

Quoi qu’il en soit, le groupe se chauffe sur une instru dérivée du « Frankenstein » de Edgar Winter en mode énervé, pour enchaîner direct, à son habitude, sur leur standard catchy « Hope You Die ». Le son est impeccable, et les gars sont en grande forme : ça joue, voire, comme me le souffle mon voisin dans l’assistance, « ça tricote ». La dextérité des musiciens est bien connue et documentée, et les voir sous nos yeux ne fait que nous le rappeler : Garrett Sweeny, le « petit nouveau » lead guitarist de Monster Magnet depuis quand même une douzaine d’années (!!) est un brillant soliste, peu démonstratif, mais d’une efficacité redoutable. Peu d’effets, peu de digressions, peu de gesticulations, mais du riff du riff du riff, et au milieu, des soli-éclairs, véloces et percutants. De l’autre côté de la scène, l’ineffable Chris Kosnik, désormais ancien Monster Magnet (il y a été remplacé par le discret Alec Morton ces dernières années) ne se dépare pas de son éternel sourire, et délivre entre chaque titre quelques bons mots au public, vannes bon enfant et contextualisations bienvenues de certaines chansons. Son jeu de basse, entre groove de forcené, mélodiste hors pair et technique impeccable (il faut voir les doigts de sa main gauche danser sur les cordes…), vient faire un lien parfait entre les leads de Sweeny et la pure rythmique, où il est épaulé par l’impeccable Bob Pantella, machine à rythme indéboulonnable. Techniquement, ça se plante là, mais sans démonstration, toujours au profit de brulots stoner jams nerveux et acérés, taillés pour le live, pleins d’énergie, de riffs glorieux et de soli météorites.

 

Côté set list, on ne va pas tergiverser, on est dans du « best of » ce soir, et le groupe étant si rare en concert, on ne va pas s’en plaindre : on est venus pour prendre du pur Atomic Bitchwax, on a exactement ce qu’on voulait. On a donc « Forty-Five » avec son gros riff soul-70’s et Kosnik au micro, les deux furieuses instru « Ninja » et « War Claw » autour du thème du King-Fu, la très Earthless « Kiss the Sun », et le groovy « Liv a Little » pour finir le set… Enfin pas vraiment, après 50 minutes, les gars vont prendre une bouffée d’air frais et reviennent pour une paire de titres, dont le furieux standard « Shit Kicker » en conclusion – avec un discret dernier petit rappel riffique d’Ed Winter pour quitter la scène !

Une petite heure pour faire le job, et le groupe quitte la scène devant un public ravi. La durée du set était nickel finalement : au vu de l’énergie dépensée par le groupe, et de la vitesse d’interprétation, une quinzaine de titres ont été joués, largement de quoi repartir avec des souvenirs plein les cages à miel ! Sitôt sortis de scène, les gars vont dans la zone bar / merch / chill pour papoter avec le public, signer des skeuds, et finir de ravir un public qui n’en attendait pas tant pour clôturer cette excellente soirée.

 



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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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