Truckfighters – Masterflow

Label : Fuzzorama records (2026)
Chroniqué par Laurent

Une décennie est passée, l’air de rien, depuis la sortie du solide V, décennie durant laquelle Truckfighters fut un peu moins actif que dans sa prime jeunesse, mais néanmoins toujours présent, plus ponctuellement, pour assurer quelques poignées de concerts un peu partout en Europe. On sent parfois un petit parfum de moquerie ou même de mépris autour du groupe suédois depuis une petite quinzaine d’années, qui irrite un peu – c’est un peu vite oublier l’importance majeure de la formation, qui dans le début des années 2000, a porté, quasiment seule sur ses frêles épaules, l’essentiel de la dynamique du stoner européen (allez-y, cherchez un groupe du vieux continent plus important et plus actif entre 2005 et 2015…). On leur reproche un peu tout et n’importe quoi – un line-up reposant invariablement sur le duo Dango/Ozo, des prestations scéniques un peu trop énergiques pour être honnêtes ( !), un style et un son qui n’évolueraient pas assez… De l’irrationnel. Il est urgent de balayer ces préjugés et de se pencher sur ce qui importe : la musique.

Ce Masterflow, si à aucun moment il ne peut être qualifié de « retour en arrière », revient néanmoins à des principes dont le groupe s’était un peu éloigné : tandis qu’il avait entamé sur Universe (2014) un virage vers des compos plus longues et complexes (en particulier avec le désormais emblématique « The Chairman »), V (2016) avait affirmé cette tendance d’un groupe embrassant les titres aux structures quasiment progressives (rien en dessous de 6 minutes). Back to the basics : Masterflow comprend 9 compos pour une durée totale de 41 minutes, et un seul titre qui dépasse les 6 minutes !

Niveau line up, pas de surprise à l’horizon : Dango (guitare) et Ozo (chant et basse) se partagent le leadership du groupe, à l’image du visuel de la pochette. Le batteur n’est même pas mentionné sur le descriptif promo du disque… (pour info, c’est Mr. Jolo, batteur de session pas manchot qui a déja accompagné le groupe) On retrouvera donc les marqueurs du groupe que sont les riffs guitare+basse, ce son de guitare fuzzé emblématique (presque leur marque déposée…), ces leads ultra mélodiques joués note par note, et ce chant sobre mais solide, efficace et varié (d’aucuns chuchotent dans des couloirs obscurs que les meilleurs disques de Greenleaf sont ceux chantés par Ozo… mais chuuut).

Mais au bout du bout, c’est les compositions qui comptent… et à ce titre, Masterflow n’a pas à rougir. On y retrouve avant tout une jolie poignée de compos 100% marque déposée, comme le dynamique « Old Big Eye », ses riffs en open chords et ses subtiles harmonies. Mais c’est surtout « The Gorgon » que l’on retient le plus : ce riff énorme (on marche sur les terres du colossal « Monte Gargano »), ce break brise-nuques, ce solo à-la-Dango… on est sur un futur banger live.

Quelques autres titres viennent amener de la variété à la galette, comme « Carver » (une incartade sur les terrains toujours appréciés des longues compos un peu alambiquées, mais qui passe bien), « Truce » (qui alterne les segments de bluette mélodique légère et les assauts riffus rageurs), ou « Gath » (et ses couplets joués « à la mandoline »).

On ne sur-vendra pas Masterflow comme un disque parfait, certains titres s’avérant plus dispensables (« Bad Horse » intéressant mais qui ne s’emballe jamais, ou encore « Goin’ Home »). Pour autant, le disque, sans aucune autre prétention, présente un visage enthousiasmant de la formation suédoise : des compos intéressantes et efficaces, un respect des « basiques » Truckfighters,… et un plaisir tangible de faire de la musique. Tandis que le disque présente efficacement cette série de compos, on a hâte de voir ces titres joués sur les planches, là où ils sont faits pour prendre vie. Une bonne surprise, de la part d’un groupe loin d’être moribond.

 




Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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