Witchthroat Serpent – Trove Of Oddities At The Devil’s Driveway

Label : Heavy Psych Sounds Records (2023)
Chroniqué par Sidney Résurrection

Dans les milieux interlopes du doom occulte on l’ attendait de pied ferme le prochain Witchthroat Serpent. Les Toulousains n’avaient plus donné de nouvelles aux bacs de nos disquaires depuis 2018 (exception faite d’une maigre apparition en 2022 lors d’un Split avec Dead Witches) et les voilà enfin de retour avec Trove Of Oddities At The Devil’s Driveway, un album sur de nouvelle bases, signé chez Heavy Psych Sounds avec un line up grandement changé et qui explique probablement une partie du temps qu’il leur aura fallu pour sortir ce troisième album

Un album tout en analogique s’il en est, que le groupe a voulu comme un hommage à l’âge d’or où le cinoche faisait encore du film d’horreur classieux et plein de mystère, en témoigne le titre « Nosferatu’s Mastery » et la composition « The Gorgon » avec ses nappes de mellotron autant que les extraits de pistes de film.

Exit donc le numérique et bienvenue pureté du son à l’ancienne. Witchthroat enchaîne les titres hommages au prince des ténèbres avec « The House That Dripped Blood » ou « Mountain Temple of Blackness ». Les samples de films tantôt et la lourdeur des riffs ensuite sonnent comme autant d’ invocations démoniaques et tribales.

Trove Of Oddities At The Devil’s Driveway est écrit avec le sang d’un tempo au bord de son dernier souffle, une lenteur d’ exécution que le groupe pousse dans ses retranchements quitte à frôler le passage ad patres, le dernier sursaut de vitalité était réservé à « Yellow Nacre » qui retrouve l’allant des précédentes plaques.

Pour cet album on ne trouve pas autre chose que de la lenteur et de la noirceur, en rupture partielle avec un chemin qui semblait tout tracé, Witchthroat fait le choix de plonger dans un univers plus ténébreux que jamais et s’affuble d’une robe de prêtre occulte doom portée par de nombreux autres de ses pairs,  poursuivant leur œuvre maléfique, mais la livrée est lourde, lourde comme les riffs de basse qui collent à la peau de l’auditeur. Lourde comme chacun de ces riffm qui enchainent celui qui pose les oreilles dessus alors que la batterie enfonce ses coups avec méthode et puissance. A ce titre, admettons que le split de 2022 avec Dead Witches n’aura pas été sans impact et si l’on allait plus loin sans doute y verrait-on la raison profonde de ce ralentissement de tempo. Il n’est pas impossible non plus qu’une certaine collusion se soit faite avec les confrères de Witchfinder (la sororité, t’as vu, que des Witch?!)  qui ont cette année produit une plaque dont l’ADN n’est pas sans rappeler celui de « The House That Dripped Blood ».

Une fois de plus je me prends à me dire que ce style n’est clairement pas dans le champ de mes favoris mais soyons honnêtes Witchthroat fait peau neuve alors qu’on était en droit de ne pas attendre autre chose que la suite d’une œuvre qui avait déjà capté son public. Le désormais quartette  (On t’a dit qu’il y avait un mellotron, soit à c’qu’on t’dit un peu!) se risque dans un exercice d’évolution plutôt que de jouer la complaisance et c’est louable voire même réussi. A ce titre, saluons particulièrement les effets d’ambiance cinématographique et les plongées psychédéliques qui donnent une consistance supplémentaire à l’album.

Trove Of Oddities At The Devil’s Driveway fera date au moins dans la carrière de Witchthroat Serpent avec une recomposition qui n’est pas due au hasard et un chemin pris qui ravira les plus radicaux des doomsters de l’ombre. Allez préparer vos poignards sacrificiels, tendez un écran blanc, projetez les meilleurs extraits de votre cinémathèque horrifique et headbanguez capuche sur la tête voici une nouvelle invocation à l’Etoile du Matin.



Note de Desert-Rock :
   (7,5/10)

Note des visiteurs :
   (0/10 – 0 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook