Yawning Man (+ Caduta Massi) – 27/09/2026 – Rezé/Nantes (Cold Crash)

Chronique de

 

Ce début d’automne annonce la chute d’un bon paquet de marrons sur la tronche des stonerheads de l’Ouest de la France. Nantes va recevoir quelques belles dates, dont la majeure partie est organisée par Pierre Calcidoïne, franchise désormais bien connue des locaux, qui nous régale depuis quelques temps maintenant. Pour rentrer dans le sérieux et après quelques anecdotes de préchauffe, c’est Yawning Man qui ouvre le bal de fin d’année au Cold Crash.

 

CADUTA MASSI

C’est Caduta Massi qui reçoit les honneurs d’ouvrir pour les darons de la scène desert rock. Ce trio presque encore adolescent a eu le temps de digérer ses classiques et de proposer un stoner à sa sauce. Le sens du rythme et de la mélodie sont là, bien ancrés dans chaque titre. C’est rondement bien mené : le chanteur installe des effets sur sa voix juste quand il faut et, côté instru, ça tape dans le vieux blues, les inspirations Pink Floyd, rejoint de temps en temps par un chanteur qui joue d’une tessiture sliftéenne.

Il y a peu de scories dans leur musique aux jonctions parfois prog, c’est cependant définitivement un stoner mélodique et énergique qui atteint le public du Cold Crash, laissant les Rennais finir de se défouler sur scène et d’occuper l’espace qui leur est offert. On ne sera donc pas étonné d’apprendre au détour de leur set qu’ils ont été sélectionnés lors d’un tremplin pour ouvrir le Westill Festival le mois prochain.

Merci messieurs, on a hâte de vous retrouver à Vallet pour cette édition 2026 du Westill donc!

YAWNING MAN

Je vais vous avouer que Yawning Man n’a jamais trop été ma came sur album, mais il faut bien venir soutenir la scène et payer son écot aux fondateurs d’un style dont ce site porte le nom. Donc c’est avec une curiosité contenue que je me rends au pied de la scène pour écouter et savourer la version live du quartette, avec Justine Ruiz qui tient le PC et les effets.

Le groupe vient faire avaler aux Nantais un « Burrito Power » d’entrée de set qui, dans son exécution et sa dynamique, met l’eau à la bouche pour la suite. Mais dès que débarque « Gestapo Pop », ça commence à tourner au malaise. Petit à petit, on ressent que la gratte émet de mauvaises vibrations. On cherchera tout le set le terme précis pour qualifier cette scintillance qui agresse l’oreille.

Le jeu est impeccable, on ne pourrait rien redire de ce côté-là, mais à voir le sondier courir dans la fosse et régler en continu le son sans réellement obtenir gain de cause, on finit de se convaincre que quelque chose a mal tourné lors de la mise en place. Lali lui-même n’est pas exempt de curieux blasts, notamment lors des premières notes de « Dust Suppression ».

Au final, un son approximatif où la gratte aux notes vibrantes concurrence la basse, qui parfois agresse l’auditeur. Le tout agrémenté d’un groupe qui ne semble pas vraiment en être. Il n’en aura pas fallu plus pour provoquer le désarroi d’une partie de l’auditoire et provoquer un  désintérêt larvé pour une autre partie. Ce soir, c’est à un set assez désincarné, mi-maussade, mi-pilote automatique, auquel nous assistons, et ce jusqu’à son final « I’m Just A Visitor », autant finir avec le juste propos.

Ne soyons cependant pas de mauvaise foi : les rangs restés au-devant de la scène ont conservé leur cohésion jusqu’au bout et il n’est pas possible de passer outre la qualité du jeu intrinsèque de ce groupe, qui porte en lui une partie de notre histoire musicale.

Tout chagrin est effacé, car la soirée nous aura permis une belle découverte et, pour ce qui est des accidents de parcours, sometimes shit happens. La prochaine date n’en sera que meilleure!

 



Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version