Le Top Albums 2016 de Desert-Rock

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C’est un peu devenu la rengaine de répéter chaque année “ouh la la, qu’il fut difficile de choisir les 15 lauréats de l’année”… Ben purtant c’est vrai, en fait. Pour tout dire, autant Mantar a quasiment fait l’unanimité au sein de notre rédaction en 2016, autant les suivants du classement sont pour la plupart dans un mouchoir de poche. Signe d’une année où les albums de haut niveau se sont enchaînés, sans qu’aucun groupe n’ait “écrasé la concurrence” comme ce fut le cas certaines années précédentes.

Mais foin de bla-bla, voici donc le TOP 15 (oui, 15, car 10 c’était trop juste…) :

1) Mantar – Ode To The Flame

La structure bicéphale du nord de l’Allemagne explose nos attentes avec cette seconde production dévastatrice, qui mixe des styles plutôt underground (doom, crust, stoner, metal, etc.). Bénéficiant désormais du support d’un major et omniprésent sur scène depuis ses récents débuts, Mantar n’avait pas besoin d’atteindre l’âge de la maturité pour s’imposer comme fer de lance du côté obscur de notre univers avec la quintessence de violence qu’est Ode To The Flame.

2) Cough – Still They Pray

Still They Pray mélange des morceaux plongeant dans un calme en apesanteur et d’autres bien plus plombants qui nous font rapidement redescendre sur Terre par leur violence et leur noirceur. Un album entre le morbide et le sublime.

3) Sunnata – Zorya

Ecouter Zorya est la garantie de partir pour un voyage onirique aux ambiances multiples, où l’auditeur n’a jamais le temps de se reposer. Zorya frappe fort et par la même occasion, fait rentrer Sunnata dans la cour des grands.

4) Mars Red Sky – APEX III (Praise for the Burning Soul)

Les Bordelais développent album après album leur son si personnel et envoûtant. Par étonnant de retrouver le fer de lance de la scène française dans ce classement tant Apex III place la barre encore très haut.

5) Fatso Jetson – Idle Hands

Les parrains du desert rock n’ont rien perdu de leur talent et de leur inspiration. Ils sortent un album dans la continuité de leur production (comprendre : barré et original), ne jouent pas la facilité, et ce faisant, confortent leur place “à part”. Après plus de vingt ans de carrière, et en injectant toujours un peu de sang neuf, le groupe est toujours pertinent. Un très grand Fatso Jetson.

6) Domadora – The Violent Mystical Sukuma

L’un des groupes français les plus intéressants et les plus rares (sur scène et sur album) transforme son essai avec un second album toujours hybride, sur le fil entre jam et compos. En jouant sur ses points forts, Domadora livre un disque sincère et attachant.

7) Witchcraft – Nucleus

Élan de fraîcheur pour un groupe qui avait déjà beaucoup apporté en terme d’originalité, Witchcraft a su continuer à se surpasser en dépassant de nouvelles frontières musicales : lourdeur simple et efficace mêlée à des mélodies et des arrangements décapants. Un album vivant et intelligent.

8) Blaak Heat – Shifting Mirrors

L’album des franco-américains est d’une telle richesse musicale et d’une telle rigueur rythmique qu’il est normal de le retrouver dans le top de cette année. Se priver de leur orientale mentalisante musique serait une erreur.

9) Inter Arma – Paradise Gallows

Creusant un peu plus le sillon d’un heavy/doom épique, Inter Arma nous offre avec Paradise Gallows un voyage aussi sublime que terrifiant le long d’un fleuve de tourments.

10) Duel – Fears Of The Dead

Excellente surprise venue du label Heavy Psych Sounds, Duel reprend le flambeau là ou Thin Lizzy l’avait l’abandonné. Guitares galopantes, tubes à gogo, groove délicieux, le feel good album par définition.

11) Wo Fat – Midnight Cometh

Les patrons du gras game. Six albums déjà où la qualité ne décroît jamais. Du riffing monstrueux soutenu par un son de porco-rosso, on est typiquement dans de la boucherie de qualité, de celle qu’on aime à recommander à ses amis amateurs de charcutaille.

12) Greenleaf – Rise Above The Meadow

Désormais plus qu’installé dans le paysage, les Suédois prouvent qu’il est encore possible en 2016 de publier un album de pur stoner rock en étant pertinent et inspiré. Bravo.

13) 1000 Mods – Repeated Explosure To…

En seulement trois albums, 1000mods est devenu un groupe incontournable et nous offre un bijou musical qui rime avec authenticité et originalité pure. De la grosse lourdeur qui vous prend aux tripes et une musique qui flirte avec les racines du rock 70’ tout en la transposant dans notre nouveau siècle ; un album qui tend à devenir culte.

14) Monkey 3 – Astra Symmetry

En poursuivant leur quête de la sainte mélodie, les suisses jouent l’accalmie mais restent, encore et probablement pour toujours, capables d’enchanter sur quelques notes de leur space rock astral et planant. Bon voyage.

15) Dot Legacy – To The Others

Débordant de créativité et d’énergie, le quatuor parisien matérialise sur son second disque ce qui fonctionne si bien pour leurs prestations scéniques. Effort d’autant plus remarquable que les compos, complètement barrées, ne manquent pas de maturité. Le meilleur des deux mondes, en quelque sorte.

 

Pour tout dire, l’an dernier 60 albums avaient été cités par nos chroniqueurs, et cette année c’est 100 albums au total qui ont retenu leurs votes ! Aux portes du classement (dit autrement : “il s’en est fallu de très peu”…), des albums de grande classe qui méritent eux aussi d’être entendus : Gozu “Revival”, Svvamp “Svvamp”, Los Disidentes Del Sucio Motel “Human Collapse”, Causa Sui “Return to Sky”, King Buffalo “Orion”, The Texas Chainsaw Dust Lovers “Me And The Devil”, Salem’s Pot “Pronounce This”, Khemmis “Hunted”, Black Rainbows “Stellar Prophecy”, Elephant Tree “Elephant Tree”, The Lumberjack Feedback “Blackened Visions”, etc…

Et c’est parti pour 2017 !

DESERTFEST BELGIUM : les 10 diamants d’Anvers

Anvers, son fleuve, son port, ses « vitrines », son marché aux diamants et désormais son DesertFest, l’un des temples de la fuzz et du riff plombé. A deux heures et demi de TGV de Paris, du 14 au 16 octobre, trois jours de fête et de musique avec, sélectionnés pour vous, 10 diamants d’Anvers :

1 / Goat. Parce que ce groupe a une résonance internationale qui va bien au delà de la scène stoner, à laquelle il n’est d’ailleurs pas « affilié ». Et qu’à Paris notamment, son public est plutôt du genre à suivre le concert sur son Iphone, Stan Smith aux pieds. Les voir dans un contexte différent, celui d’un festival, risque fort de rendre l’expérience plus intense, nous permettant de pénétrer dans la transe world music que le groupe propose.

2 / Pentagram. Parce que la légende ne passera pas en France cet automne. Parce que Victor Griffin sera à la guitare sur la tournée. Parce que Bobby ne sera pas éternel, il faut en prendre conscience.

3/ Salem’s Pot. En passant d’un doom cosmique à un acid rock à haute teneur en psychédélisme, les Suédois ont publié avec « Prononce This », l’un des meilleurs albums de l’année.

4/ Yob. Rien à dire, Yob en live c’est toujours une valeur sûre. La bienséance voudrait que jamais l’on ne rate un concert de Mike Scheidt lorsqu’il a lieu à moins de 250 km de son lieu d’habitation.

5/ The Atomic Bitchwax : La section rythmique de Monster Magnet, associée à l’un des guitariste les plus doués de la scène, TAB est un groupe plus qu’impressionnant. Techniquement monstrueux, artistiquement au top, le trio mérite vraiment le qualificatif d’Atomique.

6/Tau. Duo voguant à vue entre Berlin et le Venezuela, produit par le batteur de Kadavar, Tau propose une musique entre transe shamanique et musique aride. Une curiosité qu’il nous tarde de découvrir.

7/ Joy : Trio de psychédélic jam US, dans la droite lignée des Earthless, Harsh Toke ou Tia Carrera, Joy se nomme d’après l’émotion qu’il procure.

8/ Rituel toujours, les Italiens de Giobia convoquent l’essence même du psychédélisme et propose un long voyage des sens. Inratable.

9/ Duel : Le quatuor américain, découvert par Heavy Psych Sounds est l’un des plus grands secrets du revival proto heavy 70’s américain. Inspiré par Pentagram, Saint Vitus et les plus grands, Duel va faire du bruit. Ne ratez pas les premières semonces.

10 / Hangman’s Chair. Parisien jusqu’à la dernière goutte de bière, Hangman’s Chair a réussit à capturer, au fil de sa discographie, l’essence crasse de la capitale, celle que les touristes ne voient pas. Adepte d’un rock heavy aux relents de pigeon cancéreux, le gang est désormais sur toutes les lèvres et ce jusqu’en Belgique. Tant mieux !

Le reste de l’affiche de ces 3 jours est ci-dessous, et il reste des tickets ici : http://desertfest.be/tickets

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