DUEL (+ Maniard) – 19/11/2017 – Bordeaux (Void)

Chronique de

Trois dates françaises seulement (et même pas Paris) : cette tournée de Duel fera plus de frustrés que d’heureux. Les quatre texans se sont déjà taillé une réputation scénique irréprochable, et la perspective d’une soirée dantesque nous amène à rallier le petit Void de Bordeaux en ce dimanche soir.

Maniard

La salle est modérément remplie alors que Maniard cale ses premiers riffs sur la scène aujourd’hui baignée de rouge (oui, le double spot de lumière du Void fait toujours le ravissement du public le plus esthète, avec sa puissance famélique et ses couleurs dégueulasses, évidemment statiques durant tout le concert). Le trio évolue dans un genre musical un peu hybride mais plaisant, tapant dans du gros riff qui tâche, agrémenté de quelques rares mais performants growls. Le groupe s’y étend pour faire tourner un gros riff  et y caler quelques soli sympas ; à ce titre les cordistes, frères et sœur, sont en phase et la dualité rythmique / lead fonctionne bien. Scéniquement, toutefois, le groupe devrait muscler un peu son jeu : on aimerait voir autre chose que des musiciens qui se regardent jouer pendant une heure, et on capte trop de mini-pains sur des solo ou de changements de sons de gratte mal calés… Rien de majeur, un peu d’expérience devrait faire oublier tout ça.

On se cale au 1er rang en attendant Duel, ne voulant rien manquer d’un set qui devrait s’annoncer glorieux. Après un demi soundcheck rapide, les quatre texans prennent la scène et rentrent dans le dur très vite avec une poignée d’extraits de leur premier album (dont un « Fell to the Earth » qui ne tardera pas à générer les premiers headbang au premier rang). Très vite la force du combo s’étale devant nos yeux ébahis : les compos du groupe ont beau être impeccables sur album, avec une prod vintage parfaite, ils prennent sur scène une dimension et une énergie d’une toute autre teneur. Et on est loin de la rhétorique : on parle vraiment d’une approche live qui décuple la puissance de chaque morceau. Les plans les plus mélodiques d’un « Witchbanger » ou d’un « Devil » sont retranscrits sur scène en un déluge de guitares agressives qui laisse pantois.

Tom Frank a beau mener la barque avec assurance et brio, son exubérance ne masque ni ne bride jamais un line up impeccablement taillé dans le plus pur sang texan (taux de santiags = 100% sur scène, un indicateur de la plus haute pertinence) : Jeff enquille les soli impeccables avec le sourire et des poses de shredder magnifique tandis que Shaun étale sa bouillonnante classe de gentleman farmer longiligne pendant plus d’une heure de set, structurant l’édifice rythmique avec maestria. Quant à JD derrière son kit, il apporte le quota redneck qui donne son plein équilibre au groupe : pieds nus, débardeur trop grand et trucker hat vissée sur la tête, le gaillard enquille des rythmiques impeccables sans jamais se dépareiller de son sourire. Et le combo d’aligner ainsi les brulots piochés aléatoirement dans ses deux galettes, faisant marcher la machine à riffs à plein régime, artillant chacun de soli limpides, le tout en tenant la scène de main de maître.

C’est carré, punchy, robuste, enjoué et puissant, frénétique et fortement groovy. On ne pouvait rêver meilleure soirée… avant de nous tourner vers l’arrière de la salle ! La salle s’est largement vidée depuis la première partie, alors qu’on ne pouvait décemment qu’imaginer l’inverse vu le niveau qui nous est présenté sur scène. Quelques dizaines de spectateurs seulement sont présents pour apprécier cet ouragan du meilleur rock texan du moment, servi pour eux sur un plateau. Cela signifie non seulement que trop peu de public est venu assister au concert (la place était au prix d’une pinte, pour un concert de cette trempe, sacrebleu !) mais surtout, pire, qu’une part du public (potes, famille, ou le groupe lui-même…) est venue juste pour la première partie sans même daigner découvrir la tête d’affiche. Une ouverture d’esprit trop souvent symptomatique du public bordelais… Une conclusion un peu douce-amère à un set qui aura néanmoins tenu plus que ses promesses, et un groupe qui aura délivré un set de grande classe quel que soit le remplissage de la salle. Tout à son honneur. Un grand groupe de scène, à plus d’un titre, donc.



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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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