In the Company of Serpents – Lux

Label : Bandcamp (2020)
Chroniqué par Laurent

Boom, l’album surprise du mois nous est venu de Denver, Colorado, morne patrie dont le sludge ou le doom ne font pas forcément partie du patrimoine culturel le plus traditionnel. Tant et si bien qu’on était passé à côté de ce duo-devenu-trio, qui a pourtant déjà sorti une petite poignée de disques, et dont le cheval de bataille semble être l’autoproduction à tout prix (avec en contrepartie une faible visibilité, dommage). Le groupe, plus ou moins actif depuis neuf ans, propose une musique à la base sludge-doom assez évidente, mais à la personnalité bien trempée, le tout étant assorti d’une vraie prise de risque, sur chacun des titres.

Une écoute rapide des titres qui composent la rondelle devrait vous faire rapidement toucher du doigt la teneur de leur production, à commencer par « The Fool’s Journey », dont le riff brise-nuques du refrain, plombant à souhait, est aussi… sans paroles ! Quand on a un riff aussi fat on ne le dégrade pas avec des vocaux inutiles… Le titre de 10 minutes prend même plus tard un virage lugubre aux confins du funeral doom sur sa seconde moitié, lente, lourde et poisseuse, avant de clôturer par une cavalcade thrash pur jus, option riff-mâchoire-serrée. Pffiou… Pour bien remettre l’église au milieu du village, « Scales of Maat » déroule son riff au groove pachydermique, puis après une série de breaks venus de nulle part, se vautre dans un sludge doom bien gras, dont le chant guttural doublé file la chair de poule. Vous avez dit classique ? Ravalez vos viles pensées : « The Chasm at the Mouth of the All », après un court instru acoustique guitare/violon (!), se lance sur une intro sautillante en son clair et chant crooner (!!), pour mieux balancer sur son refrain un pur high-kick de stoner doom nerveux, avant de revenir en mode cowboy… Retour au classique avec « Archonic Manipulations » et son imparable riff heavy incisif en double guitare, avant de revenir à un ovni en clôture : après un autre titre de transition instrumental à la guitare acoustique hispanisante, l’intro de « Prima Materia », dans la même tonalité, déroule ses couplets mélodiques en électro-acoustiques sur quasiment 5 minutes avant de lâcher quelques refrain stoner pur jus, avec toujours le chant nerveux et graveleux à souhait de Grant Netzorg. Tout s’enchaîne ainsi dans un tourbillon de styles musicaux qui s’entremêlent dans un déluge ininterrompu de goudron dans ses formes les plus variées, allant taper un peu partout où ça fait mal, entre doom et sludge, allant même picorer en terres post-metal (« Lightchild ») et autres joyeusetés ténébreuses, selon l’effet souhaité.

Pour autant, In the Company of Serpents ne tombe jamais dans le piège de l’exploration WTF un peu stérile : au bout de quelques écoutes à peine, ses incursions dans des sentiers musicaux en mode « hors pistes » s’avèrent parfaitement intégrées, pertinentes, et servent bien les compos. Un constat loin d’être évident en première approche ! Encore une fois, donner sa chance au produit et persévérer fut payant. Bien servis par une production soignée et efficace, sans chichis, les gars proposent finalement une demi-douzaine de vraies compos efficaces, nerveuses et originales. Un album bien foutu, qui défriche et renouvelle le(s) genre(s) de fort belle manière, avec talent et audace.

 



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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