Suplecs – Hymns Under A Blood Moon Sky


Suplecs, c’est un peu le vieux groupe que pas grand monde ne connaît/écoute. Pourtant, le trio américain trace sa route depuis maintenant 30 ans ! Certes, leur activité discographique est pour le moins sporadique, et leur présence scénique est à la fois rare et en majorité centrée autour de la Lousiane, leur mère-patrie… Loin des yeux, loin du cœur ! Par ailleurs, le style musical de la formation peut apparaître un peu décalé : même s’ils sont issus de la Nouvelle Orléans, ils ne font pas de sludge, et ils sont trop loin du Texas pour se prévaloir de ce groove bien particulier, les rendant difficile à cataloguer… Ces facteurs participent à expliquer cette situation un peu particulière, quelque part entre le succès d’estime et le statut presque-culte. Quand le premier argument du speech promo repose sur « avec l’ancien bassiste de Eyehategod » (alors que Danny Nick n’a passé que 2 ans dans la formation sludge louisianaise…), on prend la mesure de la difficulté à attirer le chaland…

Pourtant le groupe a du fond de jeu et leur musique ne manque pas d’intérêt. Les compos sont courtes, nerveuses et très variées, s’appuyant sur un large spectre d’influences, dans lequel le groupe se jette sans aucune réserve, bien aidés par une belle panoplie de guests sur des instruments pas forcément communs sur ce type de musique (plusieurs types de cuivres notamment, des cordes…). Le socle musical sur lequel s’appuient la plupart des chansons est constitué de riffs solide (« Mountain », « Pentacle Star », « Damn These Pills »…) et d’une rythmique amenant ce petit groove « sudiste » bienvenu (voir « Got Nothing » et son petit leak de guitare associé au riff principal, le mid-tempo « I See You », « Blackwater Rising »…). A partir de là, le trio va picorer du côté du doom (« Forest of Fire », « Damn These Pills »), du heavy rock classique (« No Apologies »), du noise rock (« Heartless Bodies »), mais aussi du… punk rock festif (ce « 6$ Man » au refrain réminiscent de… Sugar Ray ?!). Alors forcément, à tirer un peu dans tous les sens, parfois on vise à côté, à l’image de ce nonchalant et pas désagréable « Old Spanish Trail », qui, du long de ses presque 7 minutes (titre le plus long du disque) nous emmène un peu loin de nos sentiers de prédilection – c’est OK sur une petite plage de transition, mais trop long ici…

Intégrité, inspiration, humilité, passion… tout ça transpire dans la longévité du groupe, et dans cet album. Mais si le respect ne suffit pas pour vendre des disques, on peut toujours se reposer sur la qualité de la musique – et sur le sujet, Suplecs ne déçoit pas : sans exubérance mais avec une franche ouverture d’esprit, ils proposent une poignée de compos solides et efficaces qui feront la joie des amateurs de heavy rock charpenté et fuzzé. La diversité, bien au rendez-vous, charrie son lot de désagréments, avec quelques titres qui séduiront moins les uns et les autres. Mais globalement, la qualité est au rendez-vous et cette galette, modeste mais efficace, représente bien le Suplecs de 2026, et l’on y revient avec envie.

 


 

Note de Desert-Rock
   (7.5/10)

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