1000Mods (+ Frenzee) – 21/03/2025 – Pessac/Bordeaux (Mac3)

Chronique de

Le public est présent en masse des l’ouverture des portes dans cette excellente et grande salle de Pessac, au cœur de la zone universitaire qui jouxte Bordeaux. Une salle de qualité, trop peu utilisée à notre goût, qui offrira ce soir d’excellentes conditions d’accueil, son, lumière, et bonne humeur.

 

Frenzee déboule sans prévenir, et il ne faut que quelques secondes pour saisir la substantifique moelle de sa musique. Avec un rapide coup d’œil à sa set list affichant presque une vingtaine de titres prévus, on a vite compris que le trio australo-crétois (!), copains de label avec 1000Mods, n’allait pas se complaire dans le funeral doom. Les cartouches de punk rock à haute énergie sont enchaînées sans presque de pause, avec une instrumentation minimaliste : un guitariste et un batteur suffisent à envoyer des riffs bourrins pour l’un, des rythmiques énervées pour l’autre. Au centre, la chanteuse Apollonia capte toute l’attention, sans en faire non plus des tonnes, mais en assumant bien son rôle de front woman et de maîtresse de cérémonie (comme quand elle saute dans le pit au milieu d’une poigne de pogotteurs pour chanter « Infection »). Leur punk rock énergique et mélodique n’est jamais trop basique (des plans rap metal et groovy peuvent côtoyer des refrains oï ou des passages limite metal), et l’on ne s’ennuie pas durant ce set, qui fait plus que son office, chauffant bien le public et installant une excellente ambiance dans la fosse.

 


À peine le temps de se désaltérer entre les deux sets que « War Pigs » est lancé dans la sono de la salle à fond les ballons, immédiatement entonné en chœur par un public que l’on sent bien dedans. Le set de 1000Mods est lancé sur un « Overthrown » qui joue parfaitement son rôle « carte de visite » : du lent, du rapide, du mélodique, du costaud… tous les traits caractéristiques du groupe rassemblés en un titre ! Enchaîné à un très efficace « Electric Carve », on commence à présumer d’un concert qui devrait régaler.

Sur scène, on est rassurés de trouver un second guitariste (pas le même que cet été) pour épauler le désormais trio et apporter la densité guitaristique que l’on attend, importante composante pour le groupe en live. Quant au son, puissant, il manque un peu de finesse au premier rang, mais il est impeccable des qu’on fait un pas ou deux en arrière. Pour le reste, les grecs donnent, comme toujours, une impression de facilité mêlée à de la nonchalance, tout en bombardant à tout va les missiles courte portée vers un public qui gobe tout avec enthousiasme, à l’image de ce brutal « Götzen Hammer » où Apollonia de Frenzee monte sur scène juste pour chanter le break nerveux… comme sur l’album !

Si les premiers stage-divers (mais pas les derniers) font leur apparition sur « Low », les slammers n’auront pas attendu si longtemps pour prendre leur pied, et globalement le public boit du petit lait sur toute la durée du concert : gentil pogo, mosh pit béat et public souriant seront les principales composantes de ce qui se passe dans la salle. Un temps faible se dessine avec le un peu mou « Above 179 » enchaîné au presque aussi lent « Into the Spell » (malgré son long final en jam savoureux)… mais il en faut aussi pour souffler un peu, d’autant plus que le groupe est, à ce moment-là, déjà depuis 1h20 à l’œuvre sur les planches ! C’est là qu’arrive le break, avant un rappel prévisible.

On n’a même pas le temps de se creuser la tête pour savoir quels classiques n’ont pas encore été joués : il suffit d’une paire de minutes pour que ne rugisse l’intro du rageux « El Rollito » qui finit de faire voler les slammers en sueur. On reste dans une vibe old school tandis qu’un impeccable groove de batterie vient ensuite lancer « Vidage », l’occasion à nouveau de prendre la mesure de l’ampleur prise ces dernières années par Labros, le batteur, au sein du groupe. Comme à son habitude, « Vidage » vient démontrer comment il est possible de finir de faire exploser un public chauffé à blanc (ça pogotte, ça slamme…) avec un titre lent et groovy – pas le moindre des tours de force du groupe grec ce soir.

Plus d’1h40 de set, une salle blindée et enchantée, un groupe d’une efficacité impressionnante… Une bien belle soirée et une superbe démonstration.



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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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