Geezer – Psychoriffadelia

Label : Kozmik Artifactz / Bilocation Records (2017)
Chroniqué par Laurent

On peut prendre le problème dans tous les sens, ce disque est, et restera, bâtard. Pas clair dans l’intention (sortie « entre deux » ?… Sortie chez Kozmik / Artifactz alors que le groupe était jusqu’ici chez Ripple ?…) , pas clair dans la destination (vinyl only ?… EP ou véritable quatrième LP ?), ce Psychoriffadelia aurait pourtant dû (pu ?) mettre toutes les cartes de son côté : Geezer, à coups d’albums aboutis et de prestations scéniques ébouriffantes, est sur la pente ascendante depuis quelques années. Clairement on attendait l’album de la consécration. Et on se retrouve avec… ce truc un peu difforme d’à peine plus d’une demi-heure, pour 5 morceaux.

Le trio a voulu coûte que coûte graver sur sillons ces instants passés en studio l’été dernier, où il aurait interprété ces titres en conditions live, avec un batteur vacataire apparemment. La promesse est séduisante : on s’imagine le groupe en format jam band débridé… Et finalement, l’album souffle le chaud et le froid. Et il commence mal, avec cette reprise convenue du sempiternel « Hair of the Dog » de Nazareth, déjà rebattue et usée par Guns N’Roses en son temps. Autant prévenir : titre le moins intéressant de l’album. Plus classique des productions du groupe, le gras et groovy « Stressknots » nous remet gentiment sur les rails de l’espoir et nous mène gentiment, enfin, à « Psychoriffadelia », la chanson-titre, qui apporte tout ce qu’on pouvait espérer d’une séance de jam par un power trio comme Geezer : ça commence par un lancinant groove basse-batterie sur lequel Pat Harrington vient faire couler quelques riffs et soli bien sentis, pour au final un full instru épique qui réchauffe. Le titre n’est pas parfait, mais on aimera croire que le groupe nous a sorti une prise live sans overdubs, et on privilégiera donc (volontiers) dans cette hypothèse une démarche musicale louable plutôt qu’un titre mieux structuré mais dépourvu d’âme. Le ramollo « Red Hook » ensuite fait couler son space rock over-psyche sur 6 minutes agréables mais un peu redondantes… Et on arrive à l’autre titre clé, le protéiforme « Dirty Penny » de presque un quart d’heure, avec sur son premier gros tiers une compo Geezer-ienne très classique et bien punchy, qui dégénère à mi-morceau en un nouveau morceau complet, succession de jams sans queues ni têtes qui suscite chez votre serviteur la même servile adhésion que sur « Psychoriffadelia », pour les mêmes raisons. Impros, soli, prises de risque… On y est ! Sauf que c’est déjà fini.

Bref, sur une grosse demi-heure, Geezer effleure plusieurs fois le sublime absolu, dans un registre où on ne l’attendait pas forcément. Malheureusement il larve sa production de plans bouche-trous qui ne sont pas de son niveau. Mais en même temps ce n’est pas un vrai album… Ou bien si ?? Bref, Geezer est confusant dans le fond et la forme ; on a autant adoré Pychoriffadelia qu’il ne nous a déçu. On attend donc la suite, et on continuera d’écouter ce disque en le considérant comme une parenthèse.



Note de Desert-Rock :
   (5.5/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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