Alchemical Wake – Cassiopea

Label : Argonauta Records (2019)
Chroniqué par Laurent

Ce disque est pas passé loin de l’oubli le plus total. Dans le flot d’albums qui sortent chaque mois, il est difficile d’identifier les groupes à potentiel, les albums qui ont « ce petit truc » qui mérite une seconde, puis pourquoi pas une troisième écoute… Alchemical Wake ne fut pas de ceux-là, et on n’est pas passé loin de le retrouver perdu au fond du disque dur. Sans cette petite touche d’abnégation (et toujours ce professionnalisme sans faille) votre serviteur serait passé à côté de ce pourtant excellent disque. Car il en faut un paquet d’écoutes pour le digérer celui-là !

La musique du duo sarde est aride, leur doom est brut, austère, froid et simpliste. Nos deux jeunes italiens développent un spectre musical qui emprunte à plusieurs écoles du doom moderne. En premier lieu, largement, on entend du Ufomammut : ce riffing froid et dur, ce goût pour la lancinance et la répétition ad libitum de ses mêmes riffs… On entend même à de rares occasions (sur « Andromeda » ou « Libra » par exemple) des lignes vocales au traitement sonore proche de celles de Urlo, le bassiste-vocaliste du trio de leurs compatriotes. On entend aussi du Bongripper chez Alchemical Wake, et oui ! L’intro de « Libra » par exemple ou « Noctua », même si elles ne peuvent pas se prévaloir du son gras et massif des grands maîtres doomsters de Chicago, proposent certains de ces riffs emblématiques et une succession de « virages » ou parenthèses sonores très intéressants (en particulier toutes les relances de « Noctua » vers un bien beau final). Et puis on entend de l’indus, du sludge…

Le duo est jeune (existent depuis quelques années seulement, c’est leur premier album) et la marge de progression existe. La mise en son notamment se cherche un peu : même si la lourdeur propre au genre est là et bien là, ça manque de rugosité, de graisse et de colle. Ce son est efficace, mais trop conventionnel pour se distinguer. Autre remarque sur les compos justement : certains morceaux se perdent un peu dans la répétition, leur cheminement pouvant apparaître confus. Pour autant, on se laisse quand même absorber par ces colosses (qui dans certains cas vont taquiner les 14 minutes) sans vraiment s’ennuyer… pour peu qu’on soit prêt à se laisser absorber. Car répétons-le, ce disque est difficile à cerner, le volume des riffs, leur grâce, ne convainc pas rapidement. Mais dès lors que l’on laisse sa chance au produit, on est conquis.

On recommandera donc ce disque aux amateurs de doom dans ses penchants les plus modernes, quand il est lent, lourd et répétitif en particulier.

 



Note de Desert-Rock :
   (7.5/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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