BARONESS – 09/03/2016 – Villeurbanne (Le Transbordeur)

Chronique de

Baroness ou Blues Pills ? Ce fut le dilemme, pas si cruel que ça, à résoudre pour cette rentrée des classes de concerts dans la région lyonnaise.
L’évolution musicale du combo de Savannah l’aura vu glisser d’un sludge furieux à quelque chose de bien plus rock, voire pop sur certains aspects, mais toujours avec ce sens de l’alambiqué. Personnalité imputable à son capitaine John Baizley, désormais seul rescapé originel à bord.
Malgré cet éloignement des sphères stoneroïdes chères à nos cœurs, nous décidâmes tout de même d’aller jeter yeux et oreilles du côté d’un des groupes les plus intéressants à suivre de ces dix dernières années.


Le backdrop à l’effigie de la Baronne est déjà installé quand on rentre dans le club du Transbo qui sera plus que bien garni. Une salle qui affiche les mêmes défauts que ses charmes : sa disposition particulière (avec son bar sur le côté de la scène, aux consommations exorbitantes) et sa hauteur de plafond (cauchemar des ingés-son).

Pas de première partie donc : à 20h30 les gars, venus défendre leur nouveau rejeton Purple, montent sur scène sous les vivats de la foule, prête pour un grand moment de musique.
La sono un peu faiblarde se chauffe sur les premiers morceaux, et, joué quasiment en entier, le petit dernier passe admirablement bien en live. Son espèce de mélange bleu et jaune aurait sans doute été vert si cela n’avait pas déjà été pris. Varié dans ses ambiances, on passe de moments de beauté pure, chantants et chantés par une partie du public, à cette furie qui a fait la réputation du groupe, moindre certes mais du coup peut être plus marquante. Malgré ces indéniables qualités, les passages les plus attendus et acclamés sont les quelques extraits issus du Blue Record, « A Horse Called Golgotha » et son intro divine en tête.

Les maigres lumières se font donc majoritairement violettes ou jaunes, tentant comme elles le peuvent de renforcer l’atmosphère colorée de chaque album.
Si Cap’tain Baizley, toute barbe (noire) de cent ans dehors, s’est adouci musicalement, son attitude scénique, elle, affiche toujours la même fougue. L’homme arbore sourire large et passion dans les yeux à chaque instant, haranguant même désormais régulièrement un public – dont nombreux sont ceux qui voient le groupe pour la première fois – réceptif et enthousiaste. Passé du côté Fender de la force, le son du bonhomme s’en trouve de fait plus doux et feutré, laissant à Eric Adams, toujours aussi impressionnant fidèle second, le soin de contre-balancer avec plus d’agressivité.

L’équilibre est parfait : mélodies ou solos harmonisés, riffs puissants ou arpèges chiadés, ces deux-là se complètent à merveille en toutes circonstances.
D’autant que leur ancien point faible en live, la justesse des vocaux semble enfin en adéquation avec l’exigence qu’elle requière, poussés dans ses retranchements par Eric qui assure bien plus que des simples chœurs. On note toutefois malgré tout encore quelques signes de faiblesse et de fatigue sur la longueur du show.

La « nouvelle » section rythmique, en place depuis la moitié de la tournée précédente, si elle n’est pas dotée de la classe rare de sa prédécesseuse, n’en reste pas moins irréprochable. Parfaitement en place, Nick Jost se pare, en plus de ses quatre cordes, d’un orgue vintage qu’il fera sonner à plusieurs reprises durant l’heure et demie de set.
Précis derrière ses fûts inversés, gaucher oblige, Sebastian Thomson se révèle puissant, exécutant nouveaux comme anciens morceaux avec aisance, mais toutefois moins de folie qu’Allen Bickle.
« Anciens » étant un bien grand mot puisque aucun titre pré Blue Record ne sera interprété, plus même un petit « Isaak » ou « Grad » qui concluait jadis les concerts du groupe de la Géorgie chère à Ray Charles.

Alors autant on peut être nostalgiques des tournées Red et Blue, quand le quatuor magnifiait ses compos à l’aide d’improvisations et d’interludes ponctuant et enchaînant chaque morceau. Mais difficile de reprocher quoi que ce soit à ce Baroness « new look » qui transpire toujours autant la sincérité.



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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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