Burning Witch – Crippled Lucifer

Label : Southern Lords Rec. (1998)
Chroniqué par Thomas

Burning Witch - Crippled Lucifer

Burning Witch est une pièce de l’histoire de la musique. L’équivalent doom de Kyuss. Non pas qu’il furent les instigateurs du genre (encore que… d’un certain type de massacre sonore, si) mais furent aussi peu adulés que les Californiens. Ce n’est bien après que leurs deux EP’s, tout d’abord sortis en vinyles puis réunis dans la compilation répondant au nom de Crippled Lucifer, furent épuisés et disparurent de la circulation, bien après le split du groupe, que ce nom évocateur déchaîna les hordes d’amateurs de musique lourde. Il s’agit sans doute d’un des CDs qui s’est vendu le plus souvent, à des prix exorbitants, sur la machine à engranger les bénéfices qu’est Ebay. Et c’est après des années de réclamations hurlées par une nuée de fans grandissant au fil des années et maintes fois repoussée (annoncée depuis janvier 2006) qu’est enfin parue cette quasi-intégrale de ce groupe aujourd’hui quasi mythique. Quasi, parce qu’il existe toujours des morceaux au stade de démo que les frangins chevelus de Southern Lord gardent au frais, pour une éventuelle réédition, dans 10 ans de plus, afin d’assurer leurs vieux jours. On ne peut pas leur reprocher tant l’hystérie provoquée par cette œuvre se justifie lors de son écoute.

Crippled Lucifer est scindée en deux sessions, plus un live agrémenté des versions démo de certains titres. Je vous ne cacherai pas que ma préférence va à la session ‘Rift Canyon Dreams’, seconde du nom, enregistré par Steve Albini lui-même (oui oui), qui réunit enfin les morceaux de l’ep au titre inédit jusqu’alors, sauf pour les heureux possesseurs comme moi du split Asva/Burning Witch, où l’on retrouve l’intégralité du line-up de cette session plus Dylan Carlson de Earth. Bref.
Le son y est juste monstrueux (et nous sommes encore dans les 90’s), O’Malley pratiquant déjà l’amplifier worship, le Sunn worship d’ailleurs. Musicalement, les influences black metal, Celtic Frostiennes et Sabbathiennes fusionnent pour un résultat tonitruant. Les riffs sont hargneux, pesant, entrecoupés de phases planantes granuleuses, prémisses de l’expérience drone ‘Sunn o)))’ qui naîtra la même année. Mais ce qui rend Burning Witch unique et mémorable, encore aujourd’hui, c’est le chant de Edgy59, Edgy pour les intimes. Tour à tour hystérique ou mélodieux, le chanteur ne laisse pas indifférent. Le psychédélisme se marie à la hargne viscérale du black metal et nous laisse nous interroger sur l’état de santé du vocaliste (impression apparemment fondée) qui frôle la schizophrénie. Le dernier morceau (du split Asva/BW donc) en est la parfaite illustration/ long chemin de croix quasi drone, les invocations se font caverneuses et mystiques, nous ne savons plus vraiment dans quelle sphère musicale nous errons.
‘Towers’ est le premier enregistrement du groupe et si l’on retrouve toutes les caractéristiques évoquées précédemment, comme les passages schizophrènes, les accélérations ‘nordiques’, les coups de boutoirs et la voix de dégénéré d’Edgy, le son, tout aussi imposant perd en précision et le malaise à son écoute perd en incisivité, la précision chirurgicale des riffs d’O’Malley étant l’excellent compagnon de la voix pour vriller nos bulbes rachidiens.

10 ans après sa sortie, 10 ans après les faits, il est plus qu’évident et indispensable d’écrire que ‘Crippled Lucifer’ est un monument de la musique lourde. Rien de moins.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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