Daily Thompson – Glue

Label : Noisolution (2026)
Chroniqué par Laurent

Réglé comme du papier à musique, le trio allemand revient à nouveau après une période de deux ans avec un nouveau disque sous le bras. Nous avions été décontenancés par leur précédente production, dont on avait eu du mal à cerner complètement l’intention musicale, un peu « diluée » et disparate – et ce malgré un talent évident d’écriture et d’interprétation. On était donc dans l’expectative de la tournure musicale, que l’on espérait plus affirmée, que proposerait le groupe, bien rodés par encore un paquet de concerts (surtout en Allemagne / Europe Centrale, mais pas que…).

Il ne suffit que d’une écoute pour comprendre que l’on n’est pas au bout de nos surprises avec la formation germanique ! Et ça commence avec son intro et ce « Heart of Bones » pop rock en diable, qui fleure fort le punk rock / surf rock des années ‘90/’00, avec sa rythmique pied au plancher et ses accords de guitare en son clair. Les titres suivants ne changent pas énormément le diagnostic, avec beaucoup de résurgences de groupes comme Weezer (outre « Heart of Bones », on mettra dans cette catégorie d’autres compos comme « Lovebugs », « BTK » ou « Fake a Smile » par exemple), ou d’autres encore qui se parent de plans à la Fountains of Wayne, « Workout » notamment. Les influences grunge que l’on voyait poindre sur Chuparosa, leur album précédent (enregistré à Seattle – comme celui-ci, toujours avec Tony Reed), ne sont pas absentes, avec par exemple le lent « Chains » qui, s’il peut être rattaché au « Alice in … » que l’on imagine, rappelle aussi Stone Temple Pilots, ou encore le mid-tempo « Here I Stand ».

Stylistiquement Daily Thompson nous prend à contre-pied en s’éloignant plus fortement cette fois du stoner psych qu’ils ont pu approcher parfois, pour proposer un disque plein de compos baignant fort dans le rock alternatif, le pop rock et le grunge, avec un travail mélodique en particulier redoutable. Mais ce Glue est un disque qui reste très intéressant, bien écrit, plein de compos super efficaces. Reste à voir si le public stoner (même au sens large) peut s’y intéresser directement ? On n’a aucun doute sur l’énergie que le groupe pourra déployer autour de ces chansons en live, un environnement où ils excellent. Mais on a du mal à suivre leur boussole musicale : où vont-ils ? Et est-ce qu’on va continuer à y aller avec eux ? Pour le moment, le voyage reste intéressant, mais leur prochaine escale sera déterminante.

 




Note de Desert-Rock :
   (7/10)

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