Dirty Sound Magnet – Me and My Shadow

Label : Transgenic Records (2026)
Chroniqué par Laurent

C’est déjà le cinquième album studio du trio de Fribourg, que l’on retrouve occasionnellement sur des affiches de festivals ou des concerts ici ou là, depuis des années, sans jamais vraiment les voir prendre leur envol. Ces derniers mois, le groupe semble vouloir dynamiser sa carrière, avec des créneaux mieux valorisés en festivals divers (dont le Hellfest 2025 ne fait pas partie des moins prestigieux) et des tournées plus denses et généreuses (voir la poignée de dates réservées à la France dans quelques semaines !). Il faut dire que sur scène, la maestria développée par les trois musiciens suisses ne fait pas débat – en revanche, ses sorties discographiques se font plus discrètes. Après un troisième album (le bien nommé DSM III) toujours très riche et diversifié, mais néanmoins aux atours assez nerveux, leur quatrième effort, Dreaming in Dystopia, nous avait laissé sur le sentiment d’une formation qui développait ses penchants plus « cools » et aériens, avec moins de saturation aux encornures, explorant des pistes plus diverses que leur rock psyche de référence. L’arrivée de ce cinquième disque était donc attendue pour appréhender la suite de leur évolution musicale.

N’y allons pas par quatre chemins : Me and My Shadow suit globalement la même tendance. Le constat qui explose littéralement aux oreilles dès les premiers tours de disques est cette richesse musicale, cette variété et cette vitalité : dans sa veine musicale rock, le groupe glisse des plans psych, funk, pop mélodique ( !), orientaux, hispaniques, blues, space rock, jam rock, etc… Les gros bourrins que certains d’entre nous peuvent parfois être (votre serviteur plaide un peu coupable) seront pour le moins chamboulés, car ça part dans tous les sens !

A leur crédit, les musiciens savent écrire de bonnes chansons, et même si l’on lève un peu les sourcils en première écoute, on est assez vite convaincu par l’efficacité de ces mélodies bien travaillées. Dans des genres bien différents, on se laisse inconsciemment envouter par le morceau-titre et ses riffs aux tonalités orientales, par « Power of This Song » et sa rythmique martiale catchy, l’électro-acoustique « The 9 Commandments of Men » qui rappelle les belles heures de Orquesta Del Desierto, etc…

Musicalement, on ne découvre pas ici le talent de ce groupe, dont la virtuosité a déjà fait ses preuves en live : doté d’une grosse section rythmique (via notamment le groove remarquable développé par Marco à la basse, et son renfort mélodique crucial), l’identité sonore de la formation repose largement sur Stavros, son jeu de guitare prépondérant (en particulier via des soli épiques, voir celui de « Calypso ») mais aussi son chant marquant (qui ne plait pas à tout le monde, avec ce petit côté nasillard un peu poussé parfois).

Même si en première approche le périmètre musical très large et très « libre » du trio désarçonne un peu, l’on se laisse assez vite séduire par le talent de la formation et l’efficacité de ses compos, et les chansons de Me and My Shadow restent bien ancrées en tête. L’ensemble est riche et laisse supposer des prestations scéniques où l’on ne s’ennuiera pas. Attention toutefois, si vous cherchez exclusivement de la rythmique plombée, de la saturation, des accordages trop bas ou du gros riff richement fuzzé, vous ne serez probablement pas au bon endroit.

 


 

 



Note de Desert-Rock :
   (7.5/10)

Note des visiteurs :
   (8/10 – 1 vote)

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