Dommengang – No Keys

Label : Thrill Jockey Records (2019)
Chroniqué par Laurent

L’an dernier, aussi discrète que fut sa sortie, Love Jail avait assis Dommengang à la table des groupes prometteurs, à surveiller de près. Il n’aura pas fallu attendre très longtemps (même pas un an et demi) pour recevoir son successeur, leur troisième album en l’occurrence, No Keys. Le ressenti est vite confirmé : l’album est éclatant de maîtrise, de créativité et de talent.

Tant qu’à valser entre les étiquettes, on peut caler Dommengang dans une veine heavy psyche qui étend ses ramifications au blues rock, au hard rock, etc… En effet, le trio excelle dans la composition de titres groovy et nerveux, aux sonorités tantôt planantes tantôt plus tendues, où saturation et sons clairs se font perpétuellement la cour. Le groupe se distingue par un talent d’écriture qui rend chaque titre malin, efficace et accrocheur, le tout étant servi par une prod discrète mais qui ne tombe jamais dans le piège de sonorités vieillottes (réflexe facile des groupes qui se revendiquent de racines musicales du siècle précédent).

Les pépites sont nombreuses, mais n’allez pas plus loin que le premier titre, « Sunny Day Flooding », pour vous convaincre : intro basse mâchoires serrées, leads guitare libératrices, chant chargé de reverb emballant, on est pris par la main jusqu’au refrain impeccablement ciselé. Il en va de même pour « Wild Wash », son riff de basse énervé et ses vocaux harmonisés captivants… Le groupe ne manque pas de facettes et de surprises, à l’image de ce « Kudzu » jovial et entraînant, qui rappellera à travers son voluptueux solo central les grands Domadora dans un contexte jam band instrumental. C’est d’ailleurs en format instrumental que le trio tombe certaines de ses meilleures cartes, à l’image de ce très bon « Arcularius – Burke » qui mélange structure prog et séquences jam emballantes sans jamais provoquer l’ennui ni se répéter sur ses presque sept minutes.

Quelques titres sont moins enthousiasmants sur le long terme, mais… même le terne « Earth Blues » ou le très lent et planant « Stir the Sea » restent des titres marquants et mémorables après 2 ou 3 écoutes à peine. Le tout se termine dans une extase psych-blues (!) avec le fiévreux « Happy Death (Her Blues II) », où le chant onctueusement nasillard (!!) de Brian Markham en intro fait écho aux vaporeux riff bluesy de Dan Wilson, accompagnées exceptionnellement (et opportunément) sur ce titre de langoureuses nappes de clavier. Chaud.

Peu aidés  par une sortie assez discrète, il serait dommage que la qualité de cette galette – et de ce groupe – passent encore inaperçus. On encourage les découvreurs de talent et les amoureux de bons groupes dans les veines musicales sus-mentionnées de se pencher avec bienveillance sur cet album qui le mérite à bien des égards.



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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