ehécatl – ehécatl

Label : Improvising Beings (2011)
Chroniqué par Laurent

ehécatl - ehécatl

Ehécatl est une émanation directe des desert-rockeux frenchies Blaak Heat Shujaa, et s’annonce comme un side project plutôt original. La première originalité, mise en avant par le groupe lui-même, tient dans le genre musical abordé, vendu comme un « stoner doom psychédélique pré-colombien »… Seconde originalité, la composition du groupe, en l’occurence un duo (Thomas et Timothée, de BHS, donc), et les instruments pratiqués, à savoir une base basse-batterie, complétée ponctuellement de flûte, percussions, sitar, etc… Et non, pas de guitare sur une galette de stoner, blasphème ! En même temps, lorsque l’on dédie un album entier au Dieu aztèque du vent, blasphémer, on s’en bat le steak. Dont acte. On va voir ça de plus près.

De manière presque « attendue » tout commence par une sorte d’incantation que l’on imagine relever d’une sorte de danse de la pluie. La petite touche de folklore qui va bien pour donner l’ambiance. Par la suite, sur « La cancion del dios ehécatl », le vrai ton de l’album se répand progressivement : sur une intro ambiancée avec une flûte en fond sonore, les notes de basse et la batterie viennent tisser un matelas sonore qui (comme on a pu justement le lire ici ou là) rappelle effectivement les projets de Al Cisneros, Om en tête. La basse, précisons-le, se rapproche assez dans le jeu d’une guitare (un peu le même type d’attaque des cordes qu’un Lemmy, en gros, mais avec un son moins saturé). « The wrath of tepeyollotl » est garni ici ou là de sitar, ce qui à mon sens met un peu à mal le concept : on a un peu de mal à projeter cet instrument d’origine asiatique dans un projet que l’on nous décrit d’inspiration sud-américaine… Cet anachronisme mis à part, le titre tourne bien, à l’image de « rih » qui lui succède. Encore une fois, les vocaux sont rares, mais accompagnent bien les plages instrumentales. Le très entêtant « tenan » (avec sa flûte hantée) fonctionne bien sur la base d’un riff de basse roboratif, porté par une rythmique qui s’emballe heureusement sur la fin.

Musicalement, la bestiole est globalement difficile à cerner : on peut penser à un mélange de Los Natas et de Yawning Man – le premier pour le son et les riffs stoner et limite délétères, le second pour ces passages instrumentaux relevant plus de jams psychédéliques. Le duo basse/batterie, même s’il occupe un espace sonore important, peut se révéler un peu « léger » (façon de parler…) à certaines occasions, comme sur la fin de « tenan », où ce duo modeste sonne plus comme deux potes qui jamment en répèt’… Mais au final, le tissu musical est dense, bien agencé… Je garde le sentiment toutefois après plusieurs écoutes que le pari initial (faux-groupe sud-américain) n’est que partiellement validé : j’aurais attendu une appropriation plus forte, plus radicale du folklore aztèque, des instruments associés, un parti pris plus structurant. Néanmoins, comme le revendiquerait mon idole JJ Goldman, la musique est bonne, et au final, peu de monde y regardera à deux fois avant d’acquérir ce morceau de bravoure finalement plutôt recommandable.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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