Glowsun – Novæ

Label : autoproduction (2026)
Chroniqué par Laurent

On avait littéralement perdu de vue Glowsun depuis plusieurs années. Il faut dire que la formation du Nord de la France ne nous a jamais, de toute sa carrière, habitué à une activité frénétique ! Tournées minimalistes, concerts sporadiques, albums rares… Plus de dix ans se sont donc passés depuis leur précédent album, le très bon Beyond the Wall of Time, une décennie durant laquelle le groupe s’est progressivement volatilisé… La première surprise est donc intervenue il y a quelques mois, quand la rumeur d’un retour du trio aux affaires a été assortie de l’information que… Ronan et Fabrice ne faisaient plus partie de l’aventure ! Même s’ils ne comptaient pas parmi ses membres fondateurs, la section rythmique du groupe était présente sur la plus large partie de la carrière du groupe, et en particulier lors des années marquant le sommet de sa notoriété. Bienvenue donc à François Hannecart à la batterie et Yann Duvivier à la basse. Leur contribution au disque sera l’un des éléments d’interrogation dans le cadre de l’écoute intensive du disque…

Les premiers tours de piste nous permettent de retrouver Glowsun à peu près là où on l’avait quitté musicalement, auteur d’un stoner (essentiellement) instrumental costaud, un peu psych, certes, mais solidement charpenté, lui donnant pas mal d’atouts pour séduire une large frange de mélomanes. Si certains plans relèvent effectivement de séquences psyche ambiantes, d’autres déchaînements riffus viennent rappeler notamment l’énergie qui pouvait être produite par la formation, en particulier sur scène.

Le disque se lance avec le très symbolique « Change », dont le titre est aussi évident que lourd de contexte. Ses sonorités très orientales, son lick de guitare entêtant et sa rythmique nonchalante nous rappellent quelques pièces précédentes du trio nordiste – et son chant discret (presque le seul titre avec des lignes vocales sur le disque) nous rappelle aussi que le groupe pouvait proposer occasionnellement cette « fantaisie ». Le trio enchaîne avec « Alive », une chanson qui se cherche un peu : intéressante pendant 5 à 6 minutes, elle entame progressivement sa mue vers un sommet de lourdeur, avec un riff colossal, massif et nerveux, qui vient nous emmener sur son final. Autre pièce maîtresse du disque, « Dryad’s Tears » développe son riff très accrocheur sur presque 9 minutes bien construites, où on ne s’ennuie pas.

« Charly le chien », longue pièce groovy et évolutive, qui fait parfois écho à My Sleeping Karma, repose beaucoup sur son pattern mélodique de basse très bien fichu, mais s’étire un peu trop en longueur sur ses débuts nonchalants, avant son point culminant (plus de dix minutes au total, avec une évolution un peu lente sur le premier tiers notamment). Un mal dont souffre un peu aussi « Dementia » qui lui succède : si son intro aux atours volontairement un peu malaisants est réussie, elle tire un peu en longueur avant d’amener à sa conclusion, bien plus nerveuse. Le final sur « Novæ » vient remettre l’église au milieu du village : plus dense, plus structuré, efficace, il trouve rapidement sa place dans les valeurs sûres du disque.

L’album se révèle donc au fil des écoutes comme globalement très réussi, et les écoutes s’enchaînent sans jamais s’y ennuyer. Certes, quelques plans sont perfectibles, mais on aura du mal à les qualifier de points faibles pour autant : un peu plus resserré dans ses structures, l’ensemble aurait été plus dense et direct, mais on est dans le détail, car le disque est quand même très réussi… en particulier pour un groupe qui n’avait rien écrit depuis plus d’une décennie !

Nous ignorons pour l’heure ce que marque vraiment ce nouvel album : le renouveau d’un groupe, le virage vers une nouvelle version, la première pierre d’une nouvelle dynamique ? Ou plus modestement (et c’est déjà pas mal) un solide nouvel album à ajouter à une discographie de qualité ? Quelques prestations live sporadiques dans leur planning nous rassurent sur le fait que la formation est disponible pour dérouler sa musique sur les planches. En revanche, comme on y a toujours été habitué avec Glowsun, aucune franche grosse tournée ne semble (pour le moment) dans les tuyaux. A ce stade, on se satisfera donc de ce bon disque, en observant de près ce que le trio proposera dans les prochains mois.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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