Graveyard – 6

Label : Nuclear Blast (2023)
Chroniqué par Laurent

S’il fallait encore une illustration que Graveyard est bien un « groupe à part », 6, leur nouvel album, se pose là. Laissé pour (presque) mort il y a quelques années, le groupe est revenu nous botter les fesses en 2018 avec l’excellent Peace, une synthèse incandescente de leur carrière déjà remarquable, l’un de leurs disques les plus heavy à ce jour. Rappelons aussi que le groupe s’est rapidement élevé au top de cette mouvance musicale (retro rock / vintage rock / proto rock aux racines 70’s), se tirant un peu la bourre avec leurs confrères Witchcraft il y a encore quelques années ; on observe ces derniers partir en vrille depuis quelques années, et l’on attendait donc de ce 6 l’album de la consécration…

Il ne faut pas longtemps pour constater que, plutôt que de se reposer sur ses acquis et s’imposer avec un disque de la « surenchère heavy rock », Graveyard adopte un chemin de traverse complètement imprévisible : on attendait des brulots incandescents, des salves heavy rock énervées, du riff éreintant… Or 6 n’est quasiment composé que de mid-tempo ou balades, pour certaines très vaguement saturées… Le constat est difficile mais s’impose très vite, rendant les premières écoutes délicates. On ne voulait pas ça, et on est un peu pris au dépourvu.

Mais c’est Graveyard, quand même, alors on pousse un peu pour lui donner quelques tours de piste supplémentaires. Et clairement, l’ensemble prend un tour plus séduisant avec le temps. Pourquoi ? Parce qu’il y a un sacré talent de songwriting derrière, quand même… On retrouve de la mélodie groovy (« Just a Drop », « Godnatt »), quelques envolées lyriques planantes (« Bright Lights », « Rampant Fields »), et quand même quelques effusions énervées, mais rares (le rock’n’roll incandescent de « Twice », superbe démonstration du savoir faire du groupe)… Et là où on ne les attend pas vraiment, de vrais moments de grâce, comme cet onctueux « No Way Out », dont le refrain grandiose, parfaitement arrangé (cordes, chœurs discrets…) file la chair de poule (il y a du Jeff Buckley dans la ferveur vocale de Nilsson sur ce final en crescendo), le final heavy blues brulant de « Breathe In Breathe Out », ou encore ce fiévreux « I Follow You », entêtant et enivrant.

Encore une fois Graveyard n’est pas où on l’attend, mais il est bien au rendez-vous de la qualité. 6 ne plaira donc pas aux amateurs des titres les plus enragés du répertoire de nos suédois, mais il devrait rassurer ceux qui pouvaient craindre un déficit d’inspiration du quatuor, après une période COVID ravageuse, et cinq années sans rien à se mettre sous la dent. Le temps dira si ce sixième album est un album majeur dans la carrière de Graveyard ; il est en tout cas le plus « calme », sans aucun doute, mais pas le moins inspiré, loin s’en faut.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (7,5/10)

Note des visiteurs :
   (0/10 – 0 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook