Hermano – Live at W2

Label : Suburban Records (2005)
Chroniqué par Laurent

Hermano - Live at W2

2 albums et déjà le live. Et pourtant, des concerts de Hermano,il n’y en a pas eu des centaines, quelques dizaines tout au plus, dont une majorité en Europe (il est donc légitime que ce témoignage ait été capturé en Hollande).

Cet enregistrement se fait donc l’image très fidèle de la tournée européenne de fin 2004 durant laquelle Hermano a sillonné bon nombre de pays et villes dans lesquels peu de groupes de ce « niveau » (entendre « modeste » en terme de ventes de disques) oseraient s’aventurer, des « no man’s land » musicaux parfois, où assurer des concerts « rentables » est plus une gageure qu’une garantie. Fidèle à son attitude de toujours, le groupe a donc arpenté le vieux continent à l’arrière de son petit van, et a donné plus d’une quinzaine de concerts mémorables, petites parcelles de rock intemporel, petits plaisirs stoneriens égoïstes, clins d’oeil complices teintés de hard rock et de digressions musicales toujours fort à propos.

Cette tournée, la plus longue de Hermano, se termina donc au célèbre W2 de Den Bosch, en Hollande, salle dans laquelle ont été placés quelques dizaines de micros, « juste pour voir ce que ça donnera ». Et ce que ça donne, c’est du bon, du très bon. Du très pur, avant tout, du brut, du rock’n’roll comme il devrait toujours être, avec du larsen, du feedback, des doigts qui grattent des cordes entre les morceaux, un batteur qui frémit, des musiciens qui se parlent, tout ça on l’entend en montant un peu le volume, et l’on s’y croit. Tout juste l’enregistrement a-t-il été un peu remixé, pour s’assurer que chaque musicien était assez audible. Le résultat est impeccable (à noter que, comme sur l’ensemble de la tournée, le jeune Olly Smit, guitariste « remplaçant » pour cette série de concerts, est un peu « sous-mixé »), en terme de son. Un vrai bonheur : chaque musicien est parfaitement « audible », le chant de Garcia est sans faille (et ça c’est pas dû au mixage : pas un pain durant le concert – je peux vous l’assurer pour avoir l’enregistrement original !), la base rythmique (Dandy + Leathers) est inattaquable, et comme de plus en plus avec Hermano (surtout depuis que Hermano est devenu son « groupe n°1 »), David Angstrom est le maître des lieux, s’exprimant avec sa gratte comme un second chanteur, glissant dans tous les morceaux des riffs cinglants, des soli blindés d’effets tout à fait bienvenus, des licks « de fond » pour accompagner Garcia (quand ce ne sont pas des choeurs), des « nappes sonores » constantes… Toujours présent, inutile de se demander pourquoi Angstrom est finalement le seul membre du groupe que l’on reconnaît clairement, victorieux, sur la pochette de ce live. C’est clairement « l’homme du match » pour reprendre un champ lexical footballistique…

En terme de set list, pas la peine de tortiller, c’est impeccable. Un regret toutefois : 18 titres ont été joués ce soir-là à Den Bosch, et seulement 12 figurent cette galette. Autre regret de « puriste » : deux titres de Kyuss ont été joués ce soir-là (« One Inch Man » et « Green Machine »), et aucun ne figure sur cette galette. Dommage, d’autant que l’on ne peut pas trop expliquer ce choix par un enregistrement de mauvaise qualité (les bandes d’origine que j’ai avaient « One Inch Man », et l’enregistrement – tout comme la performance – était excellent). Idem pour « Let’s get it on » en duo avec Aleah X (devenue depuis membre officiel du groupe), « Angry American », ou autres « Brother Bjork », ils manquent à l’appel, et c’est bien dommage. Mais trêve de pleurnichages, même si le « témoignage » live n’est pas exhaustif, on ne peut que constater qu’en tant qu’album, il s’agit quand même d’une excellente galette auto-suffisante, parfaitement équilibrée entre titres des deux albums du groupe, entre titres rapides et morceaux plus lents, le tout mené à un bon rythme, sans temps morts.

Bref, on pouvait craindre le pire d’un album live si « précoce » dans la carrière du groupe, il s’agit finalement d’un excellent album, honnête (pas l’ombre d’un overdub à l’horizon), modeste, et sérieusement rock’n’roll. Une vraie bonne surprise.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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