On sait peu de choses sur Hijss (ou hijss ? Minuscules, majuscules, acronyme ?…) sinon qu’il s’agit d’un trio implanté dans le nord de l’Italie – une proximité patriotique qui explique pour partie leur appartenance à l’écurie Heavy Psych Sounds (même si le label n’a jamais vraiment revendiqué une préférence nationale, loin s’en faut).
Les premières écoutes de leur second méfait ici présenté, un album sans titre, permettent de vite comprendre que le groupe s’épanouit dans le psych le plus pur : l’enchaînement « Drain of Thoughts » / « Vicious Circle » se vautre dans le psych-rock énervé et groovy profondément kraut rock – en lien avec leur copain « Dopamine » en face B. La réalisation est assez emballante, avec des nappes de clavier space rock discrètes en fond, une batterie frénétique comme il faut, et des leads fiévreux qui servent parfaitement le propos. De quoi, déjà, régaler les amateurs. Le chant presque hargneux de Lois Lane (!!) vient ajouter au sentiment d’urgence de ces propositions.
C’est ensuite que la nuance apparaît… ce qui pourra déplaire à certains puristes. « Parasite » par exemple, lève un peu le pied côté tempo, et ouvre le spectre sonore à des plans plus costauds, qui rappelleront même parfois des assauts à la Slift. Un peu plus loin, le lent et malsain groove mécanique de « S.W.A.N. » et son chant tout en écho rappellera même occasionnellement un vieux Nine Inch Nails, avant qu’il ne dérive en nouvelle proposition space/psych pour un final enthousiasmant. « Fatal Attraction » un peu plus loin vient pour sa part illustrer l’appétence du groupe pour les formations électro / new wave.
On conseillera donc ce disque aux amateurs d’un psych rock moderne et protéiforme : si plusieurs titres viendront caresser les oreilles des fans intégristes d’un rock psyche d’école, d’autres titres dessinent le portrait d’un groupe qui a des velléités d’élargir son spectre, avec forcément plus ou moins de réussite. C’est probablement via ce type d’initiatives, en tout cas, que ce genre musical parfois un peu nombriliste, contournera les risques de « consanguinité stylistique » qui pourraient le guetter. A suivre, donc.
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