Mars Red Sky – Dawn Of The Dusk

Label : Mrs Red Sound / Vicious Circle Records (2023)
Chroniqué par Laurent

Quatre années bien tassées ont défilé depuis The Task Eternal, le précédent opus du trio bordelais. Une éternité. Loin de se faire couper les ailes par un COVID dévastateur et castrateur pour les artistes, Mars Red Sky s’est démené pour défendre son bébé sur les routes sur la longueur (faisant même partie des premiers groupes à, coute que coute, reprendre leur activité, dans des conditions compliquées, confinant même parfois aux limites de l’absurde, rappelez-vous…). Conséquemment, le groupe n’a jamais vraiment disparu des radars, et le voir revenir avec un nouveau disque n’est pas surprenant. En tous les cas nos attentes sont élevées, The Task Eternal nous ayant laissé sur cette sensation de maîtrise absolue, du grand art, mais manquant peut-être avec le recul de ce petit facteur décisif, cette sortie de circuit, cette prise de risque qui emmène et installe un album dans les sentiers de l’excellence.

Dawn of the Dusk est différent de son prédécesseur, en cela qu’il joue clairement sur deux tableaux. Avant tout, il repose sur les forces du groupe, développant encore ce style si singulier, qu’il s’agisse du genre musical ou même plus précisément du son. L’équation musicale est à peu près inchangée : des mélodies lentes, des riffs doom qui viennent emprunter à la pop des atours toujours plus catchy, des leads guitare spatiales décolant à grands coups de wah-wah, le chant unique, fragile et aérien de Julien, le son dual guitare/basse empli d’une fuzz roborative, croustillante et sirupeuse, et cette rythmique en béton armée qui vient ancrer le tout. Franchement, les repères sont là et bien là.

Le second fait d’arme du disque est sa volonté d’exploration, inédite dans ces proportions. Soyons clairs : le groupe ne verse ni dans le hardcore ni dans le grind et on ne dévie jamais trop loin de leur identité. Néanmoins, on note plusieurs immersions dans des territoires un peu neufs, à commencer, évidemment, par « Maps of Inferno », le single de l’EP/Split sorti il y a quelques mois, en compagnie de l’artiste folk Queen of the Meadow, ici au chant. Dès le morceau suivant, « The Final Round », c’est Jimmy (basse) qui s’empare du micro pour là aussi apporter une patte bien différente, pour un titre à l’identité très marquée. On s’attend ensuite à du plus classique… raté : en lançant la face B avec l’instrumental « Choir of Ghosts », MRS nous amène dans des territoires doom aux limites du post rock le plus lugubre, pour un titre de transition froid et puissant, qui rappelle furieusement Bongripper avec sa rythmique lancinante et pachydermique, ses breaks et ses leads en fond de mix.

Autour de ces titres, le reste est tout en confort, le trio ramenant la barre vers des territoires plus habituels, avec une poignée d’autres compos réussies, plus « classiques » dans le répertoire du groupe, à l’image de « Slow Attack », ou encore « Break Even » qui introduit la galette.

Difficile pour l’amateur de Mars Red Sky de ne pas trouver ce disque réussi : tandis que certains de leurs premiers disques proposent probablement l’expérience la plus harmonieuse et cohérente (on continuera à les conseiller aux néophytes pour découvrir le groupe), ce Dawn of the Dusk capitalise sur ce savoir faire (en apportant encore quelques pépites de « MRS classique » qui trouveront vite leur place dans les set lists live du groupe) et en même temps tente des choses, apporte de la fraîcheur, de l’expérimentation, de la mise en danger. Mars Red Sky propose ici probablement le disque que l’on attendait à ce moment de leur carrière, s’affirmant plus que jamais comme notre fleuron national dans ce style musical dont ils sont quasiment les seuls hérauts. Gloire à eux.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (8,5/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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