OBSIDIAN DUST 2026 (Hermano, Red Fang, YOB, The Sword, King Buffalo…) – 16-17/05/2025 (Bruxelles)

Chronique de

La mi-mai est une période incontournable pour les fans de stoner/doom et autres courants plus ou moins proches. Citons juste pour l’exemple le Desertfest de Berlin, celui de Londres et le Grand Paris Sludge. Les deux Desertfest en particulier partagent un grand nombre de groupes et cela a donné l’idée d’organiser entre les deux capitales un petit festival à Bruxelles, le Obsidian Fest qui piocherait dans ce lineup quelques noms sympathiques.
La première édition a eu lieu sur une seule journée en 2025 avec notamment parmi les 9 groupes présents Zeal & Ardor, Elder et Pallbearer. Une belle journée au Botanique.
Voici 2026 et déjà le festival passe sur une configuration en 2 jours, 3 scènes et 32 groupes. Une progression fulgurante.

On se retrouve donc au Botanique avec deux salles en intérieur, l’Orangerie (650 places debout) et le Museum (un peu plus petit que l’Orangerie) et une scène installée dans les Jardin, la Fontaine. L’endroit est très joli, la circulation d’un endroit à l’autre très facile et la grande scène de taille raisonnable, nous sommes face à un festival à taille humaine. Le seul problème potentiel de ce festival ? La météo !
Côté lineup, il y a des concerts en même temps à l’Orangerie et au Museum et les concerts sur la grande scène ne les chevauchent pas ou très peu. Il y a donc la possibilité de voir tous les concerts Main Stage tout en allant picorer sur les deux autres scènes. L’Orangerie et le Museum proposent des sets souvent très différents et donc très peu de choix difficiles à effectuer.


Jour 1 : 16/05/2026

CULT OF OCCULT

Les belges de Echo Solar Void donnent le coup d’envoi mais c’est du côté des français de Cult of Occult que je vais prendre ma première dose de décibels. Premier constat, la capacité pour cette Main Stage n’est pas énorme et cela assure à chacun une très bonne vue sur la scène avec en plus une zone en hauteur des plus appréciables. Deuxième constat immédiat et qui sera confirmé tout au long des deux jours, La qualité sonore est irréprochable ! Les lyonnais ont donc l’opportunité de présenter leurs titres dans de très bonnes conditions et c’est ce qu’ils font avec un set solide et pro.


FANGE


On reste sur des français mais on change radicalement de style avec Fange qui vient donner une leçon à l’Orangerie. Intense et carré, deux termes qui définissent très bien le set du groupe. Pas d’économie, tout à l’énergie et un son solide vont ravir une salle copieusement remplie.


UFOMAMMUT


Un des premiers set old school se prépare dehors avec les italiens de Ufomammut. Avec un show s’articulant autour du dernier album en date, la prestation est très solide. Pas évident de jouer du Doom en plein milieu de l’après-midi en plein air mais cela ne gêne en rien le groupe qui arrive à nous captiver avec un concert très convaincant et très puissant. Excellent.


EARTHLESS


Et que dire de Earthless… magistral ! Réduire cela à une heure de solo de guitare de Isaiah Mitchell serait nier le travail admirable de ses deux compères mais tout de même, Isaiah nous a encore sorti une prestation de patron. Chaque membre dans son domaine se donne à fond et même si le guitare héro est mis en avant, se concentrer sur le jeu de Mike Eginton (basse) ou de Mario Rubalcaba (batterie), c’est l’assurance de se prendre une leçon immédiate. Bon courage à ceux qui vont les succéder sur scène pour essayer de faire ne serait-ce que aussi bien.


THE SWORD


Et c’est The Sword qui s’y colle. D’ailleurs les deux groupes tournent ensemble et l’enchainement des deux n’est que pure logique. Ne tournons pas autour du pot, le set de The Sword c’est la déception du week-end. Déjà, commencer le set avec l’enchainement « Empty Temples »/ « Tears Like Diamonds » / « Mist & Shadow » / « Sea of Green » est à mon avis une très mauvaise idée. C’est d’un mou ! Alors oui le groupe ensuite se rattrape avec des chansons bien plus énergiques, oui elles sont parfaitement interprétées et on prend plaisir à les écouter mais on ne les vit pas, l’émotion ne décolle jamais vraiment. Le groupe semble en pilote automatique et déroule son set sans véritable étincelle, l’énergie n’y est pas. Le concert en soi n’est pas mauvais mais il ne restera surement pas dans les annales. Et surtout, pas une prestation aussi molle après Earthless.


YOB


Mes attentes pour le show de YOB en clôture mainstage sont immenses. Sept mois plus tôt le groupe avait donné un concert exceptionnel au Desertfest anversois et je pèse mes mots. Et il y a fort à parier qu’une bonne partie du public de ce soir était déjà là en octobre. Et Yob va une nouvelle fois offrir une performance impressionnante. L’engagement sur scène, le son, l’ambiance, tout est parfait. Le groupe maitrise son art à la perfection et dès le début on sent que cela va encore être un set de malade. En plus de cela, pas un titre en commun avec octobre. Une setlist entièrement renouvelée pour un voyage pioché dans cinq des albums du groupe. Dans la foule, les réactions ne trompent pas et les applaudissements généreux viennent terminer cette première journée.

 

Un samedi réussi donc avec un lieu très sympa, une météo clémente, des concerts de groupes qu’on adore et plein de rencontres. L’impression d’être privilégié de pouvoir vivre des concerts dans des conditions aussi bonnes, un vrai bonheur.

 


Jour 2 : 17/05/2026

Le dimanche commence avec une épée de Damoclès au-dessus de nous : la météo. Autant le samedi a été épargné avec juste quelques petites gouttes, autant le dimanche n’aura pas cette chance. Mais la fête n’est pas gâchée pour autant, le timing de la pluie étant assez bien calé sur les prestations en extérieur.

 

GAUPA


Les suédois de Gaupa ouvrent sur la mainstage et c’est une très belle surprise. L’occasion de rappeler qu’un festival c’est aussi des groupes qu’on ne connait pas et qu’il ne faut pas hésiter à découvrir. Avec un rock psyché qui sort parfois de gros sons et une chanteuse à la voix très jolie, Gaupa a su convaincre le public immédiatement avec un concert très accrocheur. Très belle découverte.


SATANIC WITCH


Ambiance totalement différente au Museum avec Satanic Witch. Pas mon truc mais j’y vais aussi pour découvrir. Petite anecdote, c’est seulement le deuxième concert du groupe, le premier ayant eu lieu en 2023 au DesertFest d’Anvers. Autant dire que le groupe se fait rare. Cela n’empêche pas de voir quelques fans avec leur t-shirt attendre l’ouverture des portes. Un concert solide et puissant qui ravit les amateurs présents dans la salle.


ACID KING

Lors de leur venue au Desertfest d’Anvers en 2025, Acid King avait donné deux concerts. Le deuxième étant consacré à l’intégralité de Middle of Nowhere, Center of Everywhere. Cette année le groupe nous offre Busse Woods au complet ! Autant vous dire que les fans sont au rendez-vous pour ce qui s’annonce comme un événement. Et à l’image des prestations quelques mois plus tôt, Lori S. et ses deux compagnons vont délivrer une performance de très belle qualité. Le public se régale et chaque titre est accueilli par de généreux applaudissements. Le concert se termine avec l’apparition de la pluie et, quelques instants après la fin du concert, une averse carrément énorme qui nous inquiète fortement pour la suite des concerts.

 


KING BUFFALO

Le risque d’une scène en extérieure, en Belgique, en mai, c’est clairement la météo. Les températures sont correctes mais la pluie s’invite et pas qu’un peu.
Heureusement, après une bonne douche qui précipite tout le monde à l’intérieur, cela se calme petit à petit et le début de King Buffalo se fait sous une petite bruine qui certes est embêtante, mais ne gâche pas le concert. Sean McVay arrive en béquille et s’installe sur une chaise et cela change pas mal de choses. Son jeu frise la perfection, un peu comme si cette position statique lui permettait de se concentrer encore plus. On perd en spontanéité ce que l’on gagne en précision. Les prestations très énergiques de King Buffalo se transforment donc en un set plus posé visuellement mais carrément puissant musicalement et d’une justesse sans égal. Le groupe joue admirablement bien en piochant dans cinq de leurs albums avec en complément Balrog, leur dernier single en date. Très bon concert pour les américains qui prouvent une nouvelle fois qu’ils comptent parmi les excellents groupes à voir absolument live.


HERMANO


Ne soyons pas dupes, pas mal de fans sont là en grande partie pour voir Hermano. Le groupe se fait rare sur scène et en Europe. La courte tournée se termine ce soir et John Garcia aura l’occasion de dire à quel point ce n’est pas forcément facile de venir mais surtout à quel point c’est un plaisir de jouer. Et ce plaisir est évident. Après une alerte technique qui nous a fait frémir lors du premier titre, tout rentre dans l’ordre pour un concert qui va rester gravé dans les mémoires. L’énergie vient surtout de David Angstrom (intenable) et John Garcia mais c’est le groupe dans son entièreté qui délivre un show impeccable. Le son se révèle particulièrement équilibré, les titres sont parfaitement interprétés et l’ambiance est excellente. Même la météo se range de notre côté pour permettre à chacun de profiter d’un magnifique concert. Sur scène et dans le public, le plaisir d’être là est évident.
Cerise sur le gâteau, John Garcia, peu après le concert, se rend sur le stand merchandising de Hermano et avec une patience et une gentillesse immenses se prête au jeu des selfies et autographes, faisant le bonheur de fans qui n’en espéraient pas tant. Un autre avantage des concerts à taille humaine.


RED FANG


Red Fang entre sur scène pour le dernier concert sur la Mainstage. Avec les prestations de la journée, la barre est très haute. Le quatuor va devoir se donner pleinement pour satisfaire les nombreux fans venus assister au concert. N’ayant pas d’album récent à défendre, le groupe va nous sortir une setlist de tueurs en mode fan service de dingue. Porté par un public qui reprend chaque refrain à pleins poumons, Red Fang déroule une setlist pensée pour les fans, enchaînant les morceaux attendus avec une efficacité redoutable. Et en plus, tout cela avec une énergie et un talent énormes. Un concert qui va ravir les plus exigeants. Énorme du début à la fin, Red Fang ne fait pas mentir sa réputation de groupe de scène.
Les cinq groupes de la Mainstage ont assuré, on oublie la pluie et on profite.

 


Deux jours ça passe très vite, d’autant qu’avec le couvre-feu, les concerts en extérieurs se terminent à 22h, et 23h en intérieur. Il faut donc profiter de chaque instant.
Ce « petit » festival a tout pour plaire. Un lineup avec des gros noms le tout dans un bel endroit pas si grand. L’impression quelque part d’être privilégié et de pouvoir vivre des concerts dans des conditions idéales. Techniquement c’est impeccable, le service de sécurité très discret et très gentil, la nourriture et les boissons à un tarif correct (mais bon, tomber en rupture de frites à Bruxelles c’est impardonnable !!!). Le lieu est magnifique et le tarif pas abusé du tout. Bref, l’Obsidian Dust va très vite devenir un rendez-vous incontournable et rendez-vous est déjà pris pour 2027 !

 



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