Sheavy – Moons in Penumbra

Label : Dallas Tarr Records (2013)
Chroniqué par Laurent

SHEAVY-Moons-In-Penumbra-blue-LP

Quel plaisir, dans notre quotidien en ébullition constante, et en particulier dans un contexte de music business chancelant, de retrouver régulièrement une galette des toujours robustes sHEAVY. Une galette… sortie il y a plusieurs mois, dans le secret le plus absolu ! Quelle misère quand même que ce combo absolument distant de tout moyen de communication, aux moyens de promotion faméliques, dont les disques sont distribués par une poignée de corbeaux un peu fatigués (rendez vous compte : pour proposer ses disques à la vente, le groupe oriente ses fans vers… un petit magasin de disques du coin, perdu au fin fond du Canada !). Une chose est sûre, en gérant ses productions de cette manière, on n’est pas prêts de retrouver le groupe qui a engendré certains des disques les plus intéressants du stoner retrouver la place qu’il occupait voilà une quinzaine d’années…

Et pourtant, son (avant-) dernier disque (le dernier sera chroniqué sous peu, sorti quelques semaines après celui-ci) ne dépareille pas dans sa discographie, et ravira sans problème les amateurs du quartette (ou quintette selon les combinaisons) canadien. Autour de l’inamovible Steve Hennessey, le line-up propose toujours des changements, on est habitué. Nouvelle section rythmique cette fois. Mais comme à chaque fois, il ne s’agit pas d’une armée de mercenaires, mais comme toujours des musiciens proches du combo, tant et si bien qu’ils ont tous contribué à l’écriture du disque (sur le papier, en tout cas…). Pour être plus précis, une palanquée et demie de contributeurs divers ont apporté leur pierre à ce robuste édifice : engagé dans la démarche « RPM » (le groupe avait déjà enregistré « The Golden Age Of Daredevils » dans le contexte de cette initiative, qui propose aux groupes locaux de produire, sur le mois de février chaque année, un album de dix chansons et 35 minutes), le combo a finalement un peu dérivé mais a tenu la barque pour finir par proposer ce « Moons in Penumbra », à l’artwork « fait maison » redoutablement kitsch, hors RPM.

Musicalement, on va avouer que les premières écoutes furent un peu déstabilisantes (le contexte, l’attente, les paramètres subjectifs, toussa toussa). Mais au bout d’une poignée de rotations, le disque a commencé à se révéler. Jamais réticent à injecter des influences progressives à sa musique, le groupe propose des titres un peu plus complexes peut-être, proposant en particulier une poignée de mid-tempo très bien ciselés, tortueux (à l’image de « Penumbra » qui ouvre le disque, accueillant des soli lancinants, des breaks lourds, le tout porté par un riff monolithique), avec parfois des passages presque doom saisissants (voir « Warning » ou « Visions »). Mais sHEAVY a toujours été généreux en titres propices au headbanging, et des titres comme « Shadows » ou « Totality » portés par des attaques de grattes bien charpentées sont là pour en attester. Pour le reste, on retrouvera dans ce disque tout ce que l’on aime chez le groupe : son chant toujours si particulier, ses duo de gratte en harmonie et ses soli, un travail mélodique efficace et ses quantités de riffs inspirés. Niveau son et production, on ne baigne pas dans l’austérité la plus totale, mais l’aspect rudimentaire du dispositif d’enregistrement (Hennessey lui-même derrière quasiment toutes les manettes, un studio d’enregistrement improvisé dans le salon d’un couple de potes…) ne donne évidemment pas la prod la plus tape à l’œil… Pour autant, aucune défaillance à noter, et ce son de guitare similaire que l’on retrouve de plage en plage permet de focaliser sur la vraie teneur des compos, sans artifice superflu.

Toujours (malheureusement ?) sans prétention, sHEAVY ajoute une nouvelle pierre à l’édifice solide qu’ils ont entamé il y a plus de vingt ans, un disque généreux, efficace, solide, pas prise de tête… Si vous arrivez à mettre la main dessus, vous ne devriez pas le regretter.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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