Stoned Monkey – Stoned Monkey

Label : Argonauta Records (2019)
Chroniqué par Laurent

« Stoned Monkey » : le sobriquet choisi par ce jeune (né en 2017) trio transalpin pour leur petit orchestre fait plus penser à une blague potache qu’à un méchant combo de sludge doom. Pourtant, c’est bien dans cet environnement propre et distingué qu’ils évoluent (ou plutôt se vautrent). Le groupe cite de plein gré la provenance de ses principales influences à trouver chez Weedeater, Sleep, Bongripper, Belzebong et Eyehategod. Pour tout vous dire, votre serviteur aurait pu jouer le quarté dans le désordre dès la première écoute et aurait remporté son poids en herbe qui fait rire (ce qui fait un sacré paquet) : Eyehategod pas trop (sauf par le je-m-en-foutisme qui transpire de chacun des 6 titres de la galette, et pour le systématisme des intro/outro en mode feedback), Bongripper un peu (le son de basse en général, monstrueux, et quelques détails à l’image de l’intro de « Green House » qui pendant quelques secondes rappelle le « Slow » du classieux quatuor de Chicago), Sleep aussi (pour le Doooooooom en général, et les bruits de pipes et autres toussements emblématiques des usagers de fumette psychotrope), Weedeater pour les plans sludge gras du bide, mais surtout, surtout Belzebong (et un peu Bongzilla à la croisée de ces deux derniers). Ils partagent avec ces derniers, en plus de cette assez présente (vous l’aurez compris) inspiration pour tout ce qui tourne autour du canabis, une même vision du doom grassouillet, riche en riffs à headbang, en mode 100% instrumental. On rajoutera aussi des groupes comme Church of Misery (« Stoned as Fuck »), etc…

Une fois qu’on a cerné le biotope du primate, reste à évaluer l’animal lui-même : en l’occurrence, Stoned Monkey propose quelque chose d’assez malin, en se positionnant sur un sillon où, effectivement, hormis les pas si vieux Belzebong, peu de groupes jeunes se font connaître. Est-ce que ça suffira à les voir s’imposer sur la scène musicale internationale ? Le potentiel commercial du genre étant ce qu’il est, peu probable de dépasser l’underground là-dessus (ce qui peut déjà être pas mal en soi). Ensuite, leur galette (leur première, rappelons-le) est perfectible : déjà, elle est bien trop courte : 6 titres, ça pourrait passer s’ils étaient denses et riches, mais là le tout fait 28 minutes, on est un peu léger pour un LP de stoned doom. Les titres sont bons toutefois, franchement, le riff est gras et souvent efficace, et la plupart des compos laissent vite oublier l’absence de chant (toutes n’étant pas du même niveau toutefois). La prod est aussi perfectible, à l’image de ce son de gratte très erratique, chaud et gras comme un glaviot parfois (l’intro de « U Bot » ou le break de « Stoned as Fuck », impeccable) mais bien trop léger d’autres fois (« Green House », des passages de « Pain of Mind ») : la gratte de tout groupe de stoned doom doit être fondue dans le bitume chaud, ses cordes distendues claquant contre le manche et jouée avec les doigts trempés dans le saindoux…

Mais ce sont des ajustements, et gageons que les jeunes italiens, s’ils se développent dans cette veine musicale et avec de si bonnes intentions, pourront être dans un avenir pas très lointain pourvoyeurs de plaisirs auditifs régressifs de premier ordre. La relève ? Peut-être bien…

 



Note de Desert-Rock :
   (7/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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