Triptonus – Soundless Voice

Label : (2020)
Chroniqué par Alex

Formé par un collectif d’Autrichiens de Vienne et de Linz, Triptonus voit le jour au printemps 2012 pour nous abreuver de sa magie si singulière. L’histoire de ce groupe, comme les artworks sublimes d’Anderi Puica nous le suggèrent, c’est avant tout l’histoire d’un druide.

Au commencement, Sprout (2013), sa naissance et ses premières interactions avec le monde qui l’entoure. Lui qui vient d’une graine enfuie sous terre, derrière de multiples couches de savoir perdu, va chercher la branche la plus proche à laquelle s’accrocher et la transformer en une canne qui l’accompagnera durant son voyage. Le deuxième chapitre s’intitule Triptonus (2015) narre l’exploration par le druide d’un monde erratique, un monde en perpétuelle déconstruction. Témoin de tous ces phénomènes qui l’entourent, son esprit en proie à la folie, le druide juge alors que pour exister en paix, il lui faut embrasser le chaos du monde et vivre avec du mieux qu’il peut. Finalement, c’est en 2020 qu’il nous ait permis d’écouter le troisième volet de cette trilogie, Soundless Voice. On y découvre le moment sacré où le druide plante le « Varicellian Tree », un arbre curieux, dépourvu de feuilles ou de fleurs, et qui libère à maturité la myriade de sonorité accumulée en son sein depuis le début de son existence. Ceci afin de refaçonner le monde au travers d’un patron ouvrant le ciel sur de lointaines nébuleuses, d’oiseaux de lumière et d’équilibre cosmique.

Comme quoi, on peut ne point disposer d’un chanteur, mais quand même avoir pléthores de choses à raconter. Cela pourrait d’ailleurs cristalliser toute l’essence de Triptonus. Ce groupe composé de six membres insuffle une telle sensibilité et une telle profondeur à sa musique, que les lyrics nous apparaissent directement dans le cœur. Bon, ne vous y méprenez pas, il existe aussi un paquet de gros riffs bien musclés et de séquences à se démonter la nuque, mais toujours contrebalancés de délicats phrasés oniriques et surtout de poésie. On découvre là un savant mélange d’influences sonore, allant du jam session d’Earthless, aux lourds riffs de Karma to Burn, le tout structuré de manière très progressive et toujours teinté d’une estampe tribale indéniable.

En effet, en plus de l’immuable ossature guitares, basse, batterie, mise ici au service d’une sacrosainte l’instrumentalité, on compte aussi (en la personne de Max Mayer et de Wanja Bergmann) djembés, didgeridoos et autres Wavedrums, ces derniers y étant pour beaucoup dans l’ambiance mystique du collectif. Et tant sur scène qu’en studio, le tremplin vers leur univers est assuré.

La participation du public a d’ailleurs été mise à profil davantage que durant les Lives, car le troisième opus de cette saga psychédélique a vu le jour grâce à un financement participatif, via la plateforme WeMakeIt. Une opération amorcée en décembre dernier qui a rapidement porté ses fruits, puisqu’à la fin du printemps, les premières précommandes s’envolaient déjà pour toute l’Europe.

En conclusion, je ne saurai conseiller davantage l’écoute de ces trois pièces, Sprout, Triptonus et Soundless Voice, idéalement dans l’ordre, qui à mon goût représentent tant un trésor mésestimé du stoner qu’une perle musicale ayant largement sa place au firmament des productions psychédéliques de ces dernières années.



Note de Desert-Rock :
   (8.5/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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