Wizard Must Die – L’Or Des Fous

Label : Klonosphere Records (2024)
Chroniqué par Sidney Résurrection

Nous avons eu la joie de chroniquer le premier album de Wizard Must Die il y a quelques années (à lire ici). Les voici de retour avec une nouvelle production, cette fois adossée à la boîte de production Klonosphere, le tout dans un joli packaging fait de géométries et de tons pastel, le nouvel album s’appelle L’Or Des Fous et on l’aborde avec le doute de devoir se confronter à une production qui n’aurait pas sa place ici. En effet, Wizard Must Die fait office d’ovni tant le trio lyonnais nous avait laissé entrevoir sa capacité à piocher dans un répertoire vaste, stoner certes, mais aussi empreint d’indie rock et de mille autres choses.

L’expérience peut s’avérer fastidieuse si l’on cherche à tout appréhender d’un coup mais ce qui est sûr c’est que l’écoute elle, devient vite un voyage. Les plus simples aimeraient que cela soit d’un morceau à l’autre. Mais la réalité des Lyonnais est évidemment plus complexe. Au sein d’un même morceau, des riffs puissants côtoient l’atmosphère suspendue d’une réflexion profonde, à la manière de « Close To The Edge ».

Qu’il s’agisse de « The Breach » ou de « The Disappearance of Camille Saint-Saëns », on ne cesse de se demander où le groupe souhaite nous emmener. Pourtant, on se laisse porter, et même si la tête nous tourne en nous demandant ce qui se passe, on trouve toujours une saillie à laquelle se raccrocher, comme l’emploi du piano sur « The Disappearance of Camille Saint-Saëns » ou ce saxo inattendu sur « Clouds Are Not Spheres », dont la conclusion fragile évoque une boîte à musique. Voici quelques surprises que vous trouverez dans cet album.

Si l’on se demande souvent en écoutant Wizard Must Die si l’étiquette stoner, ou toute autre étiquette approchante, peut s’appliquer, le doute est rapidement dissipé face à l’acidité d’un riff de guitare comme celui de « Flight 19 », avant qu’il ne soit rejoint par la basse et la batterie, balayant tout sur leur passage. Et comme rien n’est binaire, le doute initial revient vous titiller dès l’outro plus subtile du morceau.

Wizard Must Die joue à souffler le chaud et le froid sans discontinuer. Le trio décompose ses pistes comme autant de sous-morceaux, de pépites prises dans la roche, comme la mélodie et le chant en français de « L’Or des Fous », un titre fort mal choisi tant pour la piste que pour l’album, car il n’est pas question de pyrite ici. Il y a bien plus de valeur dans cet album à la production soignée. Cette dernière démontre le niveau atteint par Christophe Hogommat et son studio d’enregistrement.

Ce disque n’est pas anodin. Il suffit de regarder l’artwork, une fois de plus signé par La Discorde, pour comprendre qu’il s’agit d’un objet qui ne ressemble à rien d’autre, si ce n’est au précédent qu’il vient compléter à merveille. Vous l’aurez compris, dans cette chronique, il y a peu d’objectivité : il faudrait tuer le magicien, car le sort de L’Or Des Fous est efficace et ne laisse guère place à d’autres critiques que celle d’une galette déconcertante, ardue d’approche mais reliée par un fil précieux qui assemble les pistes entre elles.

Ce retour en très grande forme de Wizard Must Die n’aura cessé de nous faire voyager tout au long des 6 pistes et 47 minutes de L’Or Des Fous. Le temps de décantation de l’œuvre est certes long, mais le trio délivre, une fois de plus, un album borderline et éminemment poétique.

 


 



Note de Desert-Rock :
   (8,5/10)

Note des visiteurs :
   (0/10 – 0 vote)

(Pour donner votre note, cliquez sur le nombre de cactus voulus)


Partager cet article :
Voir toutes les chroniques de :
 
 

  •   English version



On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

Voir plusVoir moins

Voir sur Facebook