Kind – Rocket Science


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La notion de super-groupe tient dans l’hypothèse que l’accumulation de vaillants gaillards œuvrant dans de supers groupes chacun respectivement aurait pour résultat de créer une structure au-delà d’un groupe jugé « normal » mais un groupe hors norme que l’on pourrait qualifier de sur-super. Une théorie en soi aussi prometteuse que fumeuse, l’équivalent musical à un repas de fête où foie gras-huitre-buche-champagne s’uniraient dans une seule et même succulente recette. Quand bien même les ingrédients sont Elder, BlackPyramid/The Scimatar, Rozamov et Roadsaw, cela pourrait se traduire par une indigestion. Gages de qualité en soi, le pédigrée des protagonistes ne doit pas faire oublier l’essentiel : le son.

Sans grande pompe, ni tralala, Kind débarque en toute innocence comme la réunion de cOpaings qui à l’occasion jammaient sans y paraître et qui suivant leur bonhomme de chemin firent un petit live par ci, une petite démo par là et sortent maintenant leur premier album « Rocket Science » sans crier gare ! Un groupe, somme toute, normal avec des supers artistes en son sein.

L’aspect jam est ce qui ressort dès les premières écoutes. A l’image de jeunes loups dans leur garage faisant tourner du riff dans un esprit classic-rock. Recherche du plaisir dans la ritournelle plus que dans la structure. Puis la magie opère au-delà de l’addition de talent, la mayonnaise a pris. L’alchimie qui se dégage de ses quatre-là quand ils écrivent ensemble, les cimentent comme un groupe à part entière. Le développement naturel des morceaux à l’image d’un « German for Lucy » en ouverture renvoie directement à la sorcellerie kyussienne. L’usage maîtrisé des effets par Darryl Shepard à la six-cordes sert aussi bien de transition que d’orfèvrerie aux riffs déjà bien ciselés. Confortablement posé sur l’épais matelas de basse graisseuse offerte par Tom Corino, lui-même soutenu par le groove ostentatoire de Matthew Couto, l’unité instrumentale transpire l’hégémonie de leur savoir-faire. Fluidité des enchainements rivalisent avec débauche de bons plans.

De cette masse incantatoire à la gloire d’un rock certes doom mais classic par bien des atours, se dégage le chant de Craig Riggs. Son arrivée a scellé la création de la bande et son destin avec. Kind sera, au-delà du side-project, un groupe qui a de quoi s’inscrire sur le long terme. Le vocaliste démontre au fil des titres combien son grain de voix tantôt mordant, tantôt caressant, propulse les jadis jam-sessions chatoyer le génie de groupe établi comme référence du genre. Dans le direct « Fast Number One » comme dans le spacieux « Hordeolum », Kind fait figure de roublards flibustiers abordant le vaisseau amiral du stoner-doom pour en prendre les commandes et le laisser dériver au grès de licks psychédéliques, de pachydermiques assauts et autres aériennes mélopées. « Pastrami Blaster », « Rabbit Astronaut », « The Angry Undertaker » équivalant à des boulets de canons aux noms aussi originaux que leur efficacité est enchanteresse.

La classe de ces gentlemen-corsaires effleure l’extatique réussite d’une fusion de super-saiyans. Leurs pouvoirs bel et bien réunis dans un super-groupe. Pour le moment ça ne dure que les 51 minutes de ce Rocket Science mais présente l’avantage d’un simple replay pour se remettre une gouleyante dose d’ambroisie musicale.

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